(Constellation / Modulor)
23/09/2022
Electronique

Arrivé sur Constellation par le biais du collectif Black Seas Ensemble, avec lequel il a travaillé et qui comprend plusieurs musiciens hébergés sur le label de Montréal (Rebecca Foon, Sophie Trudeau, Thierry Amar, Elizabeth Anka Vajagic, Tim Herzog…), Steve Bates y livre un album composé à partir du mini-clavier Casio SK-1, ses samples et son caractère un peu « vintage ». Sur chacune de neuf des huit pièces de ce court disque (moins de quarante minutes), le Canadien paraît aller chercher les possibilités qu’offre son instrument, quitte à le pousser au maximum comme dans Glistening ou Bring On Black Flames dans lesquels on a l’impression d’être face à un mur de guitares saturées. La seule infidélité faite à son clavier se trouve en queue d’album, avec un court titre interprété à l’orgue, sorte de codicille et de prolongement des recherches déployées sur le reste du long-format.
Moins abrasifs que les propositions précédemment citées, d’autres morceaux parviennent à croiser intelligemment sonorités un peu vieillottes (les mélodies de Covered In Silt And Weed, au son un peu « baveux ») et des perturbations et traitements qu’on croirait plus contemporains, ou bien à aller chercher des tonalités plus élégiaques qui, au tiers du titre, se trouvent parées de distorsion (Destroy The Palace). C’est dans ce mouvement que Steve Bates se fait, d’ailleurs, le plus probant : lorsqu’il appâte l’auditeur avec de la douceur et de la légèreté, avant de basculer vers une forme de tempête sonore. Cette réussite se rencontre d’autant plus que le morceau s’étire dans la durée, à l’image des presque six minutes de Glimpse An End, sommet d’un disque qui nous aura permis de découvrir un nouveau talent venu du Canada.
le 01/12/2022