Festival BBMix 2022 : People Like Us / Pole

 date du concert

26/11/2022

 salle

Carré Bellefeuille,
Boulogne-Billancourt

 tags

Carré Bellefeuille / People Like Us / Pole

 liens

Pole

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Resserré, depuis quatre éditions, sur deux jours, le Festival BBMix proposait, pour cette année 2022, son croisement habituel entre figures historiques (Fred Frith, Pere Ubu, Pole) et formations récemment émergées (les Anglais de caroline, appréciés à Rennes mi-novembre), artistes internationaux et contingent français (trois concerts sur huit), rock indé et électronique. Ayant fait le choix de ne pas revenir voir caroline, on se concentra sur la soirée du samedi, motivé par le retour de Pole, pas vu en concert depuis une vingtaine d’années.

Pour ouvrir la soirée pile à l’heure (l’équipe de France de football ayant eu le bon goût de terminer son match une heure avant), People Like Us venait présenter son projet The Mirror, prévu pour être donné en 2020 au festival, mais dont l’édition fut annulée. Assise sur le côté de la scène, derrière ses ordinateurs et machines, Vicki Bennett offrit trente-cinq minutes de collages de films et de musique. Pour les films, diffusés en fond de scène sur un écran géant, les bouts-à-bouts tournaient autour de motifs successifs : le miroir d’abord, puis l’œil, la cheminée, l’église qui brûle, etc… Avec des morceaux de quelques secondes de longs-métrages classiques (Orphée de Cocteau, Les Oiseaux), de films plus récents (Inception) ou de dessins animés (Blanche-Neige, Cendrillon), l’enchaînement était si rapide qu’il était parfois difficile d’identifier le matériau originel.

Côté musique, il s’agissait de superposer des chansons iconiques (Dream A Little Dream Of Me, How Deep Is Your Love, Across The Universe, Walk On The Wild Side, The Windmills Of Your Mind, etc…) avec de l’électronique charger de traiter ces tubes et de faire le lien. Assurément bien exécuté (les montages de films, enchâssés les uns dans les autres, l’adéquation musique-image), le propos de la Britannique se montra toutefois un peu lassant sur la durée, tellement cela s’apparentait au genre de choses qu’on se plait à regarder une dizaine de minutes en avant-concert aux Instants Chavirés, mais qui résiste mal à une durée plus étendue.

Pole

Placé au centre de la scène, Stefan Betke livra une cinquantaine de minutes davantage instrumentée et riche que dans nos souvenirs, avec des notes de claviers, des textures en couches épaisses et une densité plus prononcée. Toujours marquée par la présence du dub dans ses sonorités, ses réverbérations et ses rythmiques (souvent lancées par l’Allemand en tapant du poing sur une machine), la musique de Pole dépassait ainsi son aspect minimaliste auquel on la réduit parfois un peu facilement. Plus encore, une dernière pièce, plus percussive et enveloppante, témoigna d’une belle maîtrise, même si, avec sa configuration assise et sa grande largeur, le lieu s’y prêtait possiblement moins que des clubs… ou des sous-sols de bateaux.

Charlotte Leclerc

Net décroché ensuite avec le set de Charlotte Leclerc, jeune Française qui débuta par des pistes instrumentales correctes, entre post-exotica et influences un peu plus dures. Ne pas la voir enchaîner ses morceaux constitua, néanmoins, un premier regret avant qu’elle ne s’emparât du micro pour livrer paroles indigentes, justesse très relative dans les aigus et conjonction avec son clavier qui versa dans le bas de gamme. Face à quelques difficultés techniques sur une introduction, la jeune femme lança au public « Vous aviez entendu qu’il y avait un bug ! », ce à quoi quelqu’un répondit « Dès le début ». Bien vu !

Pere Ubu

Remplaçant au pied levé Michael Rother (qui devait venir interpréter, avec des amis, des morceaux de Neu !, mais qui fut empêché pour raisons médicales), Pere Ubu se donnait à Boulogne-Billancourt en format « Moon Unit », soit un quintet chargé de réinterpréter quelques-unes des pièces principales de la formation de David Thomas. Très fatigué et se déplaçant difficilement, il s’agrippait à sa bouteille de vin (bue au goulot), assis sur un tabouret haut en front de scène. Derrière lui, le groupe (deux guitares électriques, électronique, theremin) l’accompagnait dans ce post-blues graisseux surligné par des interventions de six-cordes plutôt épaisses. En honneur au pays qui l’accueillait ce soir, David Thomas invita un ami à venir chanter, à ses côtés, pour un duo en anglais-français, George Had A Hat (chanson métaphysique au refrain narrant l’histoire de Georges qui avait un chapeau « Qui n’était pas là/Où il n’était pas censé être »), avant de convier Rodolphe Burger à intervenir pour deux morceaux (dont Qu’est-ce qui m’arrive ?) sur lesquels on ne retrouva pas le beau son de guitare du Français.

François Bousquet
le 28/11/2022

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