(Lamour Records / Internet)
30/09/2022
Electronique

Continuant de documenter sa propre vie, Yair Etziony nous propose, après des disques centrés sur la ville de Berlin où il vit, un long-format dédié à l’un de ses meilleurs amis, un dénommé Pipo, qui donne son nom à cet album, publié en format numérique uniquement. Au sortir de Further Reduction, précédent album de l’Israélien, nous avions indiqué que son versant arythmique ne le singularisait pas suffisamment ; bonne surprise avec ce Pipo, donc, puisque dès le morceau d’ouverture, une pulsation régulière et très techno s’invite, apportant une coloration quasi-dansante à la composition. A fortiori, cette première piste s’étire sur plus de sept minutes, durée propice à ce registre musical, parcouru de quelques rythmiques claquant comme des fouets, tandis que des aplats de synthé se chargent de la partie chromatique.
Ces rythmiques assez franches trouvent des échos un peu partout dans la cinquantaine de minutes de l’album, avec des matériaux aux consonances industrielles, comme si des grosses machines-outils étaient utilisées pour faire de la musique. Pour Yair Etziony, il s’agit d’une forme d’hommage aux sonorités de synthé un peu sombres, qu’il affectionne autant que son ami Pipo. Ce caractère opaque se manifeste également par la présence de quelques souffles (Pita And Onion).
Profitant des possibilités qu’offre le format numérique, l’Israélien livre, en fin d’album, une pièce (Hashoftim, du nom d’un quartier de Tel Aviv) coupée en trois, parcourue d’une boucle musicale assez travaillée, relayée par quelques pulsations qui se font de plus en plus présentes et ouvragées au fil du triptyque. Cette évolution peut se trouver aussi sur un simple morceau, avec une pulsation assez basique qui prend des atours nettement plus riches au mitan du titre (Is Progress Possible In Science ?).
le 17/01/2023