Kosmorama

s/t

(Serein / Internet)

 date de sortie

14/10/2022

 genre

Jazz

 style

Ambient / Jazz

 appréciation

 tags

Ambient / Jazz / Kosmorama / Kryshe / Serein

 liens

Serein
Kryshe

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Ayant réduit, depuis le premier confinement, la fréquence de publications de sorties, le label Serein n’offre plus qu’une parution par an, ce qui invite d’autant plus à goûter le travail de sélection de la structure galloise. Nouvel exemple avec ce premier album de Kosmorama, duo formé par Gregor Lener et Christian Grothe, aussi actif sous le nom de Kryshe, et que ces pages suivent depuis une petite dizaine d’années, et dont les disques sont souvent intéressants, dans un registre entre ambient et avant-jazz, qui se trouve encore plus poussé en duo. Une trompette faisait déjà son apparition sur Continuum, dernier long-format de Kryshe recensé ici ; c’est donc logiquement qu’il s’est associé à un trompettiste pour ce projet.

Aérienne et tempérée, la trompette opère sur des nappes et divagations de synthé bricolé, dont certaines des notes prennent d’intéressants atours percussifs (Do Or Do Not, Change Is The Essential Process Of All Existence) ou bien jouent sur leur réverbération pour permettre à l’instrument de s’envoler encore plus haut (Beam Me Up, We Are Free To Go). Extrêmement touchante, la musique de Kosmorama émeut aisément, même avec une économie de moyens, par des gestes aussi simples qu’une superposition de deux lignes de la trompette de Gregor Lener (On To New Shores) ou bien la captation du souffle du trompettiste dans son instrument (Logic Is The Beginning Of Wisdom, Not The End), manière de mettre en lumière l’incarnation physique, presque palpable, de leur musique.

Ayant repéré, en milieu d’album (on ne saurait dire « en début de face B », car ce long-format ne sort étonnamment qu’en version numérique, alors qu’un support physique aurait largement été le bienvenu), une plage plus longue que les autres, on s’imagine rapidement qu’elle agira comme un syncrétisme de toutes les qualités du duo. De fait, Odyssee (qui porte bien son nom, au surplus), étire sur près d’un quart d’heure, les aptitudes de Christian Grothe et Gregor Lener, avec un mélange organique-synthétique particulièrement probant. Les grésillements un peu pauvres, voire vieillots, générés par le synthé y dialoguent impeccablement avec les envolées quasi-improvisées de la trompette, dans un mouvement d’une belle ampleur.

Au-delà de ce long morceau central, les sept autres titres de l’album révèlent de larges mérites, le duo allemand démontrant une capacité à offrir une petite heure de musique particulièrement convaincante alors que les matériaux employés demeurent les mêmes tout du long, et que le schéma y est identique. Laissant l’auditeur sur une note très mélancolique, avec l’élégiaque Live Long And Prosper, Kosmorama signe là une très belle première œuvre.

François Bousquet
le 27/01/2023

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