(130701 / PIAS)
21/10/2022
Classique

Un peu à rebours de ce qu’on pourrait imaginer, Clarice Jensen livre un troisième album dans lequel elle opère aux côtés d’autres musiciens et vocalistes, alors que son disque précédent, publié au printemps 2020 la voyait agir toute seule, avec son violoncelle.
Contre-intuitif, ce nouveau disque l’est car il a été composé pendant les différents confinements, mais qu’il voit donc la New-Yorkaise être rejointe par plusieurs intervenants, qu’on entend, au reste, dès l’ouverture d’Esthesis avec ces quelques notes de piano jouées par Timothy Andres. Motivée par ces rencontres, Clarice Jensen retourne également à une palette plus large d’instruments, un peu comme sur son premier effort, et s’aventure alors dans des contrées plus ambient (les nappes et notes vaporeuses de Sadness). Quant à son violoncelle, c’est dans un registre souvent proche du drone qu’il se déploie, à l’image des plages de Disliking, habilement mises en contrepoint des déliés de piano.
Contre-intuitif, ce nouveau disque l’est encore lorsqu’il propose une piste nettement plus lumineuse, Joy tranchant avec les aplats plus opaques du reste de la quarantaine de minutes par la grâce du piano. Contre-intuitif, ce nouveau disque l’est enfin car il s’éloigne, tout bien considéré, du « disque de violoncelle » pour aller aussi fureter dans des recoins plus expérimentaux, tel le court Fear avec son mini-larsen et son absence d’instrument véritable, ou plus aérien du fait de l’orgue caressant de Love. À l’image de la pochette arc-en-ciel, c’est un large prisme (ou une large palette, au choix) dont témoigne cet Esthesis, qui place Clarice Jensen un peu à part, et un peu au-dessus, des autres musiciens associés à un instrument unique.
le 08/02/2023