Alexandra Bircken & Lutz Huelle : La Pensée Corps

 date

du 15/11/2022 au 28/01/2023

 salle

Fondation d’entreprise Ricard,
Paris

 appréciation
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Alexandra Bircken / Fondation d’entreprise Ricard

 liens

Fondation d’entreprise Ricard

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Au moment où on apprend que la Fondation d’Entreprise Pernod-Ricard a fait le choix de la continuité en nommant Antonia Scintilla (ancienne Directrice Adjointe et présente dans les lieux depuis 2010 à différents postes) pour prendre la suite de Colette Barbier à la tête de l’organisation, c’est également une continuité artistique qui se déploie avec une nouvelle exposition confiée à Claire Le Restif. D’ailleurs, la Directrice du Crédac a, elle aussi, poursuivi un compagnonnage en sollicitant Alexandra Bircken, artiste qui avait eu l’honneur de l’institution d’Ivry-sur-Seine il y a cinq ans. Le souvenir de cette présentation encore vivace, on n’est guère surpris de retrouver le même souci de l’hybridation entre objets et corps.

Plus encore, cette recherche conduit l’Allemande à livrer des sculptures et objets anthropomorphiques, à l’image de cette selle de vélo moulée en bronze et posée à la verticale, dont la forme peut figurer des attributs génitaux féminins comme masculins (Lily), ce réservoir de moto posé sur un socle, comme un trophée, mais qui s’apparente aussi à un abdomen muni d’une armure (Victor’s Secret) ou bien de cette pièce de bronze semblable à un bas ventre, taillé en Y, avec un appendice pendant au milieu (Chérie). Parfois, néanmoins, le geste se fait un peu trop signifiant : Chérie agit, ainsi, comme ouvertement provocateur, en comparaison de Lily qui se donne moins immédiatement.

Vue de l’exposition

À côté de ces propositions, son travail de dissection d’objets l’amène à couper longitudinalement une mitraillette (UZI), une combinaison de moto (One Goal One Vision) ou un caddie de supermarché (Descartes), les exposant comme on le ferait pour une peau de bête dans un salon de château ou un corps animal dans un cours de sciences naturelles. Ces doubles sens et mélanges invitent également Alexandra Bircken à s’attacher aux nœuds et au tissage, pour une réussite comme Armour (haut cylindre au tressage ajouré en acier) ou pour une œuvre à nouveau trop ostentatoire (Origin Of The World, qui enferme, dans un caisson en verre, son placenta noué, plongé dans une solution de Kaiserling).

Ce souci du tissu humain vient justifier, au-delà de l’amitié entre les deux créateurs, le dialogue établi par la commissaire avec les robes et tenues de Lutz Huelle, réparties dans l’espace de la Fondation et qui, elles aussi, n’hésitent pas à sortir des carcans de la mode pour aller piocher dans d’autres registres. Cet écho rehausse, assurément, les formes d’Alexandra Bircken, même si cela peut aussi donner l’impression d’être à la fashion week, pendant laquelle les galeries d’art servent de show room aux maisons de mode.

François Bousquet
le 25/01/2023

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