Oiseaux-Tempête

WHAT ON EARTH (Que Diable)

(Sub Rosa / Kuroneko)

 date de sortie

28/10/2022

 genre

Rock

 style

Expérimental / Free

 appréciation

 tags

Expérimental / Frédéric D. Oberland / Free / Oiseaux-Tempête / Sub Rosa

 liens

Sub Rosa
Frédéric D. Oberland
Oiseaux-Tempête
Kuroneko

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Assez étonnamment (compte tenu de leur rythme habituel de production), Oiseaux-Tempête n’avait rien fait paraître en 2021. Comme leur sortie précédente était une bande-originale d’un film, cela fait donc trois ans que nous n’avons pas été confrontés à un album studio du collectif français, auquel Mondkopf est maintenant pleinement intégré, dépassant son statut d’invité. De toute façon, les invités, cela manque rarement sur les disques d’Oiseaux-Tempête, fidèles à certains compagnons (Ben Shemie, Jessica Moss, Jean-Michel Pirès, GW Sok ou Radwan Moumneh) mais également capables de convier de nouvelles personnes (Racha Baroud au chant et Roy Arida aux percussions, sur le morceau caudal enregistré dans un bâtiment libanais, construit par Oscar Niemeyer mais abandonné).

Stylistiquement, et bien qu’on ait l’impression d’avoir déjà avancé cet argument s’agissant du groupe français, ce disque paraît radicaliser encore davantage son propos, avec des guitares électriques encore plus tendues et granuleuses (Partout Le Feu, A Man Alone In A One Man Poem), le bouzouki de Radwan Moumneh invitant à une sorte de transport exalté (Voodoo Spinning), des boîtes à rythmes martiales (Black Elephant), des synthés opacifiants assistés par une batterie soutenue (A Man Alone In A One Man Poem), une basse rebondie de Stéphane Pigneul (Nu.e.s Sous La Comète) et, surtout, une noirceur d’ensemble très appuyée. Intelligemment, le collectif sait aussi réserver quelques plages de répit, à l’image de Waldgänger, ses percussions sèches et son aspect un peu onirique.

Maîtrisant parfaitement son sujet, Oiseaux-Tempête convainc principalement sur le temps long, lorsque le groupe déploie son talent sur plus de six minutes (sept morceaux sur les dix d’un disque qui dure une heure et quart). Et même dans ces moments-là, la construction est tellement progressive que la fin d’un titre peut apparaître comme un peu trop prématurée (Voodoo Spinning, par exemple). Pour autant, la capacité de la formation à occuper le temps long demeure assez impressionnante, capable, ainsi, d’installer une sorte de continuum assez prenant, avant de surprendre l’auditeur par l’arrivée du chant de Radwan Moumned au milieu des vingt minutes de The Crying Eye - I Forget. Même schéma avec A Man Alone In A One Man Poem et l’entrée de GW Sok, chargé de dire le poème en question, tandis qu’à la guitare électrique, divague Frédéric D. Oberland, tête de pont de ce collectif toujours aussi passionnant.

François Bousquet
le 15/02/2023

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