(Kranky / Modulor)
11/11/2022
Rock

Composé par fragments, saisis ou enregistrés alors qu’elle était dans des îles grecques, ce cinquième album de Christina Vantzou continue le chemin emprunté avec ses deux disques précédents : ayant quitté le néo-classique, l’Étatsunienne donne à présent dans une ambient plutôt sombre, faite de matériaux divers et d’incursions d’instruments réels. Cette forme trouve, dans N° 5, de nouveaux développements, renforcés par la structure d’un disque long d’une grosse demi-heure, divisé en onze morceaux et proposant aussi bien de courtes pièces (inférieures à la minute) que des pistes dépassant les six minutes.
Des bruits de pas, une conversation attrapée à la terrasse d’un café, des pépiements d’oiseaux ou bien le bruit des vagues se mêlent, dans les titres de la musicienne, à quelques lignes de piano, une descente de notes d’une harpe ou des interventions de cordes. L’ensemble s’apparente alors à une musique de film, qui intégrerait également les sons du film en lui-même (et non pas uniquement l’illustration sonore des images), sorte de travail pas véritablement abouti, naviguant entre cordes s’essayant à des duos un peu dissonants et mariage attendu entre un clavier aux interventions congrues et voix féminines spectrales.
Nonobstant la présence de 17 (!) autres musiciens, N° 5 fait ce choix du « pas complément construit », d’un minimalisme et d’un à-peu-près qui pourrait toucher (forme de fragilité, absence d’ostentation) mais qui, pour une artiste qui en est à son cinquième album (sans compter ses projets collaboratifs), sonne comme trop insuffisamment abouti.
le 24/02/2023