(Midira Records / Import)
11/11/2022
Rock

Drone / Luca Sigurtà / Luminance Ratio / Midira Records / Post-Rock / Psyché Rock
Les carrières parallèles de ses différents membres empêchent Luminance Ratio de publier des disques très régulièrement, d’autant plus qu’il faut parfois plus de trois ans aux Italiens pour faire paraître leurs enregistrements, à l’image de Uncanny Valley, saisi en 2019 (alors que le quatuor était devenu un trio, avec le départ d’Andrea Ferraris) mais sorti uniquement fin 2022. Comme pour leur précédent effort, les Transalpins sont partis d’un élément façonné par l’homme, ici la théorie de la « vallée dérangeante » du Japonais Masahiro Mori, selon laquelle plus un robot est ressemblant à un être humain, plus ses défauts paraissent monstrueux.
Monstrueuse, la musique de Luminance Ratio ne l’est pourtant pas tant que cela ; on la trouverait même plutôt belle dans ses atours pysché assumés, avec déferlement sonore de guitares et d’électronique, soit montant progressivement en puissance (le morceau-titre), soit se déversant immédiatement sur l’auditeur (Sorities Paradox). Toutefois, c’est quand une certaine variation intervient au cœur de ce magma de drone que le trio se fait le plus pertinent, notamment quand les boucles de Luca Sigurtà viennent créer un effet tournoyant (le morceau-titre ou bien Love In Henn Na Hotel).
Élargissant son spectre, le trio va aussi trouver un relais de croissance avec les lignes de guitares de Gianmaria Aprile et Luca Mauri qui, sur le quatrième et dernier morceau (Deepblue’s Deep Dream), emmènent l’ensemble vers un certain post-rock, soutenu par des effets, boucles et électroniques. Ces dernières se parent de rythmiques, en milieu de titre, avant de conclure dans un registre beaucoup plus homogène comme si, au total, c’était bien dans cette sorte de fusion syncrétique que Luminance Ratio s’épanouissait le mieux.
le 02/03/2023