Plaid

Feorm Falorx

(Warp / Kuroneko)

 date de sortie

11/11/2022

 genre

Electronique

 style

Electronica

 appréciation

 tags

Electronica / Plaid / Warp

 liens

Plaid
Warp
Kuroneko

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Figure-phare de ces pages pendant les années 2000 (neuf concerts et quatre disques chroniqués, rien que pour la décennie considérée), Plaid en avait disparu sans véritable raison (le duo continue de se produire en concert et publie des sorties tous les deux ans en moyenne). Toujours hébergés chez Warp, les Anglais y offrent donc des longs-formats régulièrement salués par la presse, jusqu’à ce Feorm Falorx qui a divisé les spécialistes. Voici, alors, une occasion de se pencher plus avant sur ce nouvel effort, dont on remarque immédiatement qu’il étonne par sa brièveté (moins de quarante minutes, pour dix morceaux), eu égard aux standards des Britanniques.

Cette concision invite régulièrement Plaid à se faire rapide dans ses mises en place, proposant, dès le début de ses titres, l’ensemble des matériaux les constituant, comme s’il fallait ne pas perdre de temps et impressionner aussitôt. Sous ce rapport, l’ouverture de Wondergan est symptomatique, avec ses cuivres électronisés, sa rythmique funk et sa boucle mélodique. Si cela fonctionne assurément, en termes d’efficacité et d’accroche de l’auditeur, il en résulte également un aspect ostentatoire un rien dérangeant.

Au-delà, les tessitures mêmes des composantes de leurs morceaux intriguent : dans Wondergan, Modenet ou Tomason, celles-ci nous semblent parées d’une couche un peu épaisse de grésillements, d’un enrobage un peu daté, entre house revisitée et funk à la sauce Daft Punk. Même les coups plus sourds de C.A., qui pourraient dénoter par rapport à un ensemble plus sautillant par ailleurs, se trouvent habillés de la sorte, trop appuyés.

Depuis plusieurs années, Andy Turner et Ed Handley convient régulièrement d’autres musiciens à opérer sur leurs disques : ici, le fidèle Benet Walsh agit à la guitare, basse, synthé ou flûte sur quatre morceaux. Son clavier permet d’apporter un peu de légèreté à Cwtchr, joliment rebondissant, et ses guitare et basse donnent une impression d’entendre un morceau live à l’écoute de Nightcrawler, peut-être justement un peu trop ouvertement taillé pour une prestation scénique.

Précisément, et on revient à la brièveté de l’album (et des morceaux qui le constituent), cette forme d’efficience des Anglais, cette capacité à emporter l’adhésion, semble s’être, ici, un peu retournée contre eux, les engageant à surcharger et à condenser leur propos. Techniquement, c’est donc très abouti (peut-être un peu trop produit, néanmoins), mais on y perd les formes d’hésitations et de construction progressive que pouvait conférer un développement plus long.

François Bousquet
le 06/03/2023

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