(Expert Sleepers / Import)
04/11/2022
Electronique

Les albums aux intitulés très descriptifs nous ont toujours attirés, à la fois parce qu’ils témoignent d’une certaine honnêteté, affichant la couleur d’entrée, mais aussi parce qu’ils annoncent une sorte de mode d’emploi de ce qui va advenir, en sachant pertinemment que c’est bien souvent lorsque la contrainte est la plus visible que l’inspiration est la plus présente. Aussi, lorsqu’arrive un disque nommé Four Drones For Saxophone And Modular Synthesizer, on est plutôt séduit a priori, d’autant plus quand cela permet de découvrir un nouveau musicien et un nouveau label par la même occasion. Avant même de se lancer dans l’écoute et sa recension, on observera que l’Écossais triche un peu puisqu’il insère un interlude et un « intralude » au milieu des quatre pièces annoncées dans le titre de son long-format.
En revanche, pas d’entourloupe sur les matériaux utilisés : saxophone ténor et synthétiseur modulaire sont bien au rendez-vous. Les notes tenues du premier passent font logiquement au tamis du second, avec ses effets oscillatoires et ses mises en boucle typiques. Plus encore, le caractère sériel du jeu du synthé l’amène à produire des éléments qui s’apparentent à des rythmiques, venant générer un léger effet de vertige chez l’auditeur (Seek Whence).
Au-delà de ses traitements convaincants, les sonorités des instruments se mêlent de manière intéressante : la gravité des notes de saxophone dialogue ainsi astucieusement avec les basses de synthétiseur. L’instrument à vent peut également se souvenir qu’il est capable de belles envolées, plus aériennes (Intralude), voire emmener le morceau final dans des divagations proche d’un post-rock alangui (Fraxinet). Andrew Ostler nous informe que cet album a été pensé pour être interprété sur scène ; on veut bien le croire, compte tenu du caractère enveloppant de ses compositions et on espère bien pouvoir le constater un jour.
le 23/02/2023