(flau / Import)
25/11/2022
Rock

Artiste aux prétentions assez variées (il a fait partie d’un groupe électronique et sorti un album photo), Federico Madeddu Giuntoli s’en tient, pour son premier disque en solitaire, à une suite de vignettes puisque The Text And The Form est constitué de onze pistes pour vingt-quatre minutes seulement. Avec quelques invités (dont AGF et Moskitoo, pour prendre des noms familiers de ces pages), l’Italien livre un album entre électronique, acoustique et néo-classique (comme si, ici aussi, le musicien ne s’était pas encore complètement trouvé).
Cette impression traverse, d’ailleurs, le disque puisque la brièveté de chacun des morceaux (hormis le dernier, aucun ne dépasse les trois minutes) invite à considérer l’ensemble comme un recueil d’esquisses plutôt que comme des titres aboutis. Au reste, le dénuement instrumental (une petite guitare, une flûte, un clavier mal assuré) corrobore ce sentiment, comme si on se trouvait face à des essais ou des idées en attente d’un développement plus conséquent. Celui-ci intervient, assez logiquement, sur le morceau le plus long (le dernier, donc), avec sa guitare électrique, son arrière-plan synthétique et son esthétique joliment tamisée (Grand Hall Of Encounters).
Au-delà, quand les deux invitées principales interviennent, on trouve davantage de corps, à la fois parce que l’Allemande (sur You Are) et la Japonaise (sur Text And The Form) apportent leur concours vocal aux morceaux de Federico Madeddu Giuntoli, mais aussi parce que ce dernier convoque des traitements électroniques, relativement beaux dans leur fragilité et leur tremblement. Dans un autre registre, la batterie de Maurizio Bottazzi charrie, par son interprétation débridée, un imaginaire free-jazz auquel on ne s’attendait pas (Inverse et Unconditional), signe que la variété est bien de mise sur ce disque.
le 09/03/2023