(Morr Music / Modulor)
25/11/2022
Rock

Haleiwa / Indie / Morr Music / Pop
Voici un disque qui assume assez ouvertement ses velléités pop et entraînantes. Entre les cheveux longs et l’allure juvénile de son auteur, le calibrage de la plupart de ses morceaux à trois minutes et demie, la présence d’un surfeur sur la pochette et son intitulé renvoyant au ride de ces sportifs, les indices vont clairement dans ce sens, d’autant plus qu’on avait le souvenir d’un album précédent déjà capable de choses convaincantes dans ce registre. Un peu plus de trois ans plus tard, Haleiwa maintient cette volonté de travailler avec des matériaux lo-fi (vieux synthés, magnétophone 4-pistes) et ce souci d’introduire une forme de shoegaze dans ses morceaux.
C’est ainsi que, passés les deux efficaces titres d’ouverture (River Park/Sleeping Pill et Low Heaven), A Bottomless Pit calme le tempo, pour mieux accueillir des nappes de guitare en arrière-plan. Mais, bien vite, l’alliance basse-batterie reprend le dessus, pour des explosions surf-rock (Watered Down, Halulu Rock). Cette association peut, plus loin, laisser place à des vagues de synthé aux reflets psyché (Hide Away) ou à un A Sea Stroll soutenu par de l’électronique mise en boucle. Au bout de son disque, Mikko Singh livre un morceau-titre qui essaie de synthétiser toutes ces directions, et qui y parvient plutôt, grâce à sa basse, ses guitares prenantes, et la batterie de Svante Karlsson, emportant l’auditeur sur son refrain.
Alors que le Suédois n’arrive toujours pas à se départir de ces traitements sur sa voix (systématiquement embuée) et abuse des fins de morceaux en fade out, on relève donc qu’en parallèle, il s’évertue à porter son regard vers divers courants musicaux, dans un ensemble peut-être un peu trop débridé, pas suffisamment ordonné. Mais c’est aussi, possiblement, le propre de la pop indé, et ce qui fait son charme.
le 14/03/2023