Zoon Besse
Guillaume Barbot
du 04/01/2023 au 31/03/2023
Théâtre de Belleville,
Paris
Après avoir démontré comment un punk était devenu amateur de Charles Trenet, Guillaume Barbot et Zoon Besse ont souhaité s’attacher à la jeunesse de ce dernier quand, avant de se tourner vers le chanteur de Douce France, il était punk et fan de Jacques Higelin. Dans une forme brève et légère, le spectacle retrace donc la découverte du musicien par Zoon, adolescent, puis la manière dont, avec sa bande (Chou, Fifi, La Doll…), ils ont suivi près de 300 de ses concerts.
Avec ses adresses régulières au public, son tutoiement immédiat, sa dégaine de celui qui est revenu de tout, Zoon Besse emporte rapidement l’adhésion et embarque avec lui dans ce milieu des années 1970, où, dans un petit village de Seine-et-Marne, il dénote un peu avec son « No Future ! ». Quelques extraits d’albums d’Higelin sont diffusés, via les vinyles originaux et un vieux Teppaz, manière aussi de réhabiliter celui dont le temps et la postérité auront plutôt retenu les titres de variété (Tombé du Ciel est fredonné, à un moment) et la descendance (Arthur, Izia) que son aspect rock ou punk.
Une certaine tendresse nait également de ce qui est raconté, entre découverte d’un univers musical, de ses codes et langages, mais aussi des premières amours (les filles, la drogue) et les incartades de cet âge. À force, on se prend à croire que l’aspect mythologique, un peu utopiste et grand enfant des punks de cette époque prend le pas sur les souvenirs réels de Zoon Besse et on se demande s’il n’y a pas là une possible réécriture de l’histoire, bien qu’il s’en défende avec son metteur en scène Guillaume Barbot. De fait, il y a peut-être un peu beaucoup de perfecto, de lignes de coke et de morceaux de bravoure de la petite bande (telle cette visite à l’hôpital de Melun où Jacques Higelin passe quelques jours, ou bien ces entrées par des portes dérobées, petites lucarnes et échelles de ramoneur aux différents concerts du Français). Mais cela fait assurément partie du pacte conclu avec le spectateur et n’enlève rien à la narration et à la sympathie que confère cette pièce.
le 07/03/2023