(Schole / Import)
02/12/2022
Classique

Annoncé comme un album conceptuel autour du mal que fait l’humanité à la planète Terre, Last Man On Earth débute par des annonces semblables à celles des aéroports, invitant à évacuer rapidement les lieux et à suivre les indications, en indiquant également que nous sommes les élus (The Chosen Ones étant le titre de ce premier morceau). Volontiers grandiloquente, lorgnant trop ouvertement vers une veine apocalyptique largement sillonnée par la fiction (films, romans, séries), cette ouverture se trouve, musicalement, soulignée par des montées de cordes qui en rajoute dans cette recherche de l’émotion et du moment signifiant.
Alors qu’on imaginait ce schéma être cantonné au premier morceau de l’album, on est surpris de le voir reconduit sur Farewelltoearth. Avec cette répétition, sans compter ces intitulés de pistes particulièrement transparents, Haythem Mahbouli insiste bien sur le fait que l’auditeur doit être conscient qu’il poursuit un voyage, qu’il quitte quelque chose pour une destination pas forcément connue, ni forcément accueillante. Par la suite, on restera dans cette veine très illustratrice, ostensiblement soutenue par le Budapest Scoring Orchestra, familier de ce registre un peu pompeux et appuyé : relatif calme pour Flashback (on imagine un regard arrière, depuis la navette spatiale), présence de cuivres bien sonnant et de timbales martelantes sur Newhome (on se voit découvrir progressivement un nouvel univers), etc…
À deux doigts de se croire en train d’écouter la bande-son du Seigneur des Anneaux (ou de sa récente déclinaison sérielle), l’auditeur parvient vers la fin de ce second album du Tunisien, en se disant que cela manque de vocalises féminines, pourtant fort indiquées pour ce type de projet. Heureusement, Mahbouli ne les a pas oubliées, et Lastmanonearth, pièce caudale de l’album, nous en livre quelques-unes, posées sur des notes d’un piano tout aussi attendu, comme pour clore le disque en rajoutant une petite couche de clichés… au cas où cela aurait manqué.
le 21/03/2023