(Miasmah / Import)
09/12/2022
Classique

Erik K Skodvin / Miasmah / Musique de film / Néo-Classique / Svarte Greiner
Retour à son nom propre et retour à la musique de film pour Erik K Skodvin, deux ans après Anbessa. À l’inverse de ce long-métrage de Mo Scarpelli, documentaire attaché à un jeune garçon vivant à Addis-Abeba, il s’agit, ici, d’illustrer une fiction, autour d’une histoire vraie néanmoins, celle de Victor, jeune home juif dans le Vienne des années 1960, se trouvant face au procès du crime nazi qui a décimé sa famille. À l’instar de ses disques en tant que Svarte Greiner, dans lesquels il mêle le violoncelle (son instrument de prédilection) avec d’autres apports, le principe est le même sur Schächten avec violon, piano et synthé analogique qui viennent s’associer au violoncelle, qui demeure toutefois en majesté, avec sa profondeur apte à souligner une action qu’on imagine poignante et dure.
Comme trop souvent dans un disque chargé de retranscrire une musique de film, on ne peut, effectivement, s’empêcher de trouver, même sans connaître le long-métrage, que le propos instrumental surligne démesurément ce qu’on pressent des images. Pareillement, et au risque de se répéter, le format et ses vingt-quatre morceaux pour trente-sept minutes n’aide pas à pénétrer dans des titres, terminés à peine entamés, certains agissant même comme des virgules sonores, tout juste bons à faire office de transitions (Flashback, pensé comme un moyen de bien expliquer au spectateur qu’on bascule dans le passé).
La logique un peu inquiétante, voire oppressante, du film se trouve, pourtant, assurément bien rendue par des à-coups de violoncelle ou des saturations progressives (The Cave), un jeu rapide et sec du violon (le bien nommé Road Tension) ou encore les toms d’Andrea Belfi, venu jouer de la batterie avec son fidèle compagnon Erik K Skodvin (Rifle Second Attempt, Flashback). Même sur un titre comme Judenfreund, dans lequel Kelly Wyse pose une ligne mélodique de piano plutôt légère, l’atmosphère reste opaque avec le violoncelle qui vient tout recouvrir, pièce maîtresse d’un album parfaitement conforme à ce qu’on pouvait prévoir avant de débuter son écoute.
le 30/03/2023