(Hubro / Outhere Distribution)
02/12/2022
Jazz

Entreprise assez étonnante, possiblement davantage proche de la performance que du concert, la prestation donnée en 2015 par Trondheim Voices se trouve saisie sur disque. Enfin, pas toute la prestation car il s’agissait d’une proposition continue, étalée sur cinq (!) jours, dans une église pendant un festival. À partir de compositions écrites par Christian Wallumrød, un chœur de huit Norvégiennes (dont Natali Abrahamsen Garner, moitié de Propan) s’est produit devant un public invité à prendre place sur les bancs de l’église ou sur des matelas installés au sol.
Assurément, une suite pareille de morceaux a cappella prend toute son ampleur et trouve toute sa place dans un édifice religieux, à la fois parce qu’un tel chœur porte une part de sacré, et renvoie à des rites et traditions vocales pieux, mais aussi parce que l’acoustique particulière du bâtiment sert les harmonies et le travail combinatoire entre les différents timbres. Toutefois, ce schéma posé, on pouvait espérer, compte tenu de la présence de Christian Wallumrød, entendre arriver son piano, et écouter autre chose que des voix féminines un peu évanescentes. Ou bien, on pouvait imaginer que des paroles allaient être prononcées par cet octuor.
Que nenni ! On reste dans un registre sans aucun adjuvant, et constitué uniquement de vocalises, mais dans lequel ce sont bien les voix qui génèrent des modulations (Fishdance) ou bien qui, lorsqu’elles se font plus puissantes, maintiennent l’auditeur en alerte (Bygda Triads). Citons cependant Urte Garden, unique morceau avec batterie, intervenant par bribes, principalement sur les cymbales, manière de relayer l’aspect assez aigu des vocalises. L’ensemble vaut donc surtout pour son principe et la retranscription de cette performance, plutôt que, musicalement, pour ce qu’il donne à revivre a posteriori.
le 22/03/2023