House

 auteur

Amos Gitaï

 metteur en scène

Amos Gitaï

 date

du 14/03/2023 au 13/04/2023

 salle

Théâtre de la Colline,
Paris

 appréciation
 tags

Amos Gitaï / Théâtre de la Colline

 liens

Théâtre de la Colline

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Réalisateur très en vue au tournant du siècle (avec des films comme Kadosh ou Kippour), Amos Gitaï nous a paru s’égarer ensuite dans une sorte de logorrhée (un film par an, près de cent œuvres, tous supports confondus, depuis ses débuts). Alors qu’il s’était déjà essayé à la forme dramaturgique, c’est avec un objet un peu hybride qu’il s’installe pour un mois à la Colline, puisqu’il s’agit de repartir de la matière utilisée pour trois films, afin de retracer, par le truchement de l’histoire d’une maison de Jérusalem, l’histoire de ce territoire et de ses habitants.

Sur un large plateau doté de six échafaudages qui servent aussi bien de praticables pour des musiciens que de plateformes pour les comédiens, des pierres et autres matériaux de constructions sont manipulés tout au long de la pièce, tandis qu’interviennent les occupants successifs de la bâtisse, dans un ordre pas toujours chronologique. S’étendant de 1948 à 1973 (de la création de l’état d’Israël à la guerre du Kippour), House donne à voir les difficultés d’un éternel conflit, dans une langue fidèle aux personnages : hébreu, yiddish, arabe, anglais et français sont ainsi parlés, tandis que les surtitres traduisent en anglais et français les paroles. Ce caractère multilingue, cumulé à la vitesse avec laquelle passent certains surtitres et à l’abondance d’actions sur scène, conduit à un spectacle un peu exigeant, aspect tout à fait assumé (absence de carton référençant l’année à laquelle se passe telle ou telle scène, allers et retours dans le temps, etc…).

Il en résulte le sentiment d’entendre plusieurs fois la même histoire, telle celle de ce Palestinien qui a subi la loi de la « propriété des absents » qui l’a chassé de la maison en 1948. Plus encore, à entendre chaque personnage retracer son expérience dans cette demeure, le spectateur peut avoir l’impression d’assister à une vieille réunion de famille, dans laquelle les albums de photos jaunies sont ressortis, ou bien à une sorte de documentaire mis sur le plateau. De fait, Amos Gitaï ne fait pas forcément grand-chose des palettes de pierre ou des échafaudages, constat d’autant plus regrettable que les moments les plus poétiques, plastiquement, surgissent grâce à des traits dans le sable ou un dessin à la craie sur le sol.

Présents tout au long de la pièce, un violoniste et un percussionniste (notamment au santour, un instrument à cordes frappées) apportent également des ouvertures bienvenues, créant des liaisons entre les époques et les intervenants, ou bien servant de base à de très bons passages instrumentaux, à l’image de cette séquence dans laquelle chaque comédien s’empare de courts bâtons, frappés en rythme sur les montants des praticables. Au-delà, et alors que la nécessité d’une durée de spectacle aussi étendue (près de 2h30) peut se poser, reste quand même la sensation qu’en faisant le choix de s’arrêter en 1973, Gitaï laisse penser que tout s’est arrêté à ce moment-là dans la région, ou que rien n’a évolué depuis.

François Bousquet
le 23/03/2023

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