Focus #4 : Andy Guthrie / Perila / Chris Watson

 date du concert

17/03/2023

 salle

Le 104,
Paris

 tags

Chris Watson / INA / GRM / Le 104 / Perila

 liens

Chris Watson
INA / GRM
Le 104

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Rendez-vous traditionnel du milieu de la saison du GRM, Focus s’est tenu au 104 pendant deux jours, avec un schéma assez voisin de celui de Présences Électronique : des concerts de personnalités installées, des prestations de nouvelles têtes et de la diffusion de pièces patrimoniales. Dans une salle 400 bien remplie et aux gradins escamotés (configuration, cela a déjà été souligné sur ces pages, parfaitement adaptée à la diffusion spatiale via l’acousmonium du GRM), la soirée du vendredi débuta par un live d’Andy Guthrie.

Andy Guthrie

Combinant apports électroniques et pratique du cor, le Californien livra une petite demi-heure tout à fait appropriée à une ouverture de soirée : ambient travaillée assez minimaliste, avec introduction de souffles et frottements. Générés à partir de son ordinateur ou bien grâce à son cor d’harmonie, doucement joué. Quelques samples vocaux et discussions captées au vol furent également insérés dans sa musique, dont la mise en espace était réalisée grâce à une acolyte, debout en face de lui. Aux deux-tiers de son concert, Andy Guthrie sépara son cor en morceaux, pour n’en conserver que les pompes (ces sections amovibles courbées par lesquelles l’air circule de l’embouchure au pavillon), alors utilisées de manière détimbrée, renforçant l’aspect un peu abstrait du propos. Pour finaliser son agrégat, des bruits d’eaux furent sollicités, mis en périphérie par l’acousmonium, dans un geste presqu’ironique et synchronisé avec la petite averse qui précéda le début de la soirée.

La suite de celle-ci proposait la diffusion de la pièce Was de Folke Rabe, interprétée par Jules Négrier. Malgré un petit souci technique qui perturba le démarrage de cette diffusion, ce fut l’occasion d’entendre un morceau de vingt-sept minutes, au subtil jeu sur les harmoniques, articulé avec une note tenue et des oscillations précises des différents éléments. Possiblement un peu trop homogène, l’ensemble trouva, néanmoins, pleinement sa place dans ce plateau.

Perila

Après un entracte, place à Perila, inconnue jusqu’alors pour notre part, et qui ouvrit son set par une excellente première moitié, avec micro-rythmiques, sons un peu réverbérés, tapotements, cliquetis et ambiance quasi-industrielle. Dans une veine proche d’une certaine techno minimaliste, la jeune Russe nous séduisit par cette combinaison, certes non novatrice, mais assurément enthousiasmante et sincère. Passée une séquence moins intéressante, avec un propos plus dense, Aleksandra Zakharenko clôtura son concert par une fin plus lumineuse, avec nappes en aplats, conclusion tout à fait pertinente pour cette très belle découverte.

Pour terminer la soirée, on retrouva un nouveau volet dans le parcours de Chris Watson, éternel arpenteur de notre planète et enregistreur de ce que faune et flore y offrent. Avec The Namib, il s’agit de documenter un morceau de désert en Afrique du Sud. Pour ce faire, il envoya un souffle très présent, avec granulosité, densité et pas lourds. Puis, l’atmosphère générale s’apaisa, les bruissements du sable prirent le dessus, en même temps que des pépiements d’oiseaux, dans un geste onirique typique de l’Anglais. Comme sa musique, la dune de sable s’agrégea et se désagrégea progressivement, presqu’en temps réel. C’est là que se manifesta sa capacité à mêler le travail de field recordings et l’œuvre de création électronique.

Chris Watson

Des caquètements, bruits d’aile et bourdonnements d’insectes apparurent ensuite, au rendu d’autant plus réaliste qu’ils étaient servis par la spatialisation du son, inhérente à l’acousmonium. On se prit, ainsi, à tourner la tête pour suivre (le son d’)un oiseau d’un bout à l’autre de la salle. Des changements de couleur des spots pointant vers la scène renforçaient, en outre, l’impression du temps qui s’écoule sur un écosystème, des journées, des saisons qui passent, excellente manière de se figurer cette étendue désertique.

François Bousquet
le 20/03/2023

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