Sonic Protest 2023 : Russel Haswell & Hugo Esquinca / Otto / Angelicus

 date du concert

23/03/2023

 salle

Le 104,
Paris

 tags

Angel / Ilpo Väisänen / Le 104 / Russell Haswell / Schneider TM

 liens

Schneider TM
Angel
Le 104

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Au cœur de ce qui est, à ce jour, la plus grosse programmation du festival depuis ses débuts (dix-huit dates, réparties sur trois semaines, avec également vingt soirées hors de l’Île-de-France), Sonic Protest proposait un plateau dans l’un des grands ateliers du 104. Avec la présence rare d’Angelicus (un « super groupe » aux membres actifs en parallèle) et la venue de Russell Haswell (très suivi sur ces pages il y a une vingtaine d’années), ce jeudi soir avait été aisément coché par nos soins.

À vingt heures précises, Russell Haswell et Hugo Esquinca s’installèrent sur scène, pour une heure d’électronique faite de coups répétés, rythmiques qui claquent et basses qui cognent. Cet ensemble se fit extrêmement fort en volume et vite répétitif, voire prévisible comme les images de rangées de policiers face à des manifestants (assez tautologiques en ce jour de marche massive contre la réforme des retraites), photos de Julian Assange et autres illustrations de notre monde contemporain projetées sur un grand écran derrière eux. Pour ce qui était la première prestation en commun de l’Anglais et du Mexicain, on eut même l’impression d’une surenchère de l’un sur l’autre et, en toute hypothèse, on éprouva des difficultés à identifier qui faisait quoi dans ce déluge bruitiste.

Otto

Quelques minutes plus tard, ce fut au pied de l’estrade que la suite se déroula, avec le trio Otto, dans lequel les musiciens jouent simultanément sur les deux peaux de leur tapan, sorte de gros tom tenu en bandoulière : une peau était frappée d’une fine baguette pour un son assez clair, l’autre d’une mailloche pour un résultat plus sourd. Le groupe franco-suisse se distingua par une belle capacité à varier son travail : frappes sur le cadre, changement d’intensité ou de rythme (des double-croches étaient réalisées d’une seule main), temps forts plus marqués, simili-roulements qui se relayaient, etc… Invité à plonger dans une sorte de transe ainsi générée par ces percussions, le public réagit très positivement, certains spectateurs dansèrent, presque possédés.

Des petits gongs, accrochés à leurs côtés, furent ensuite frappés, avant que Camille Émaille ne rejoigne une table sur laquelle plaques de bronze et gongs étaient posés. Frottant ces adjuvants métalliques avec le dos d’une baguette, la jeune femme introduisit alors des crissements, mêlés aux coups de Pol Small et Gabriel Valtchev. Bien loin de l’ostentation de propositions percussives grand public (type « Stomp »), le geste quasi-minimaliste d’Otto séduisit par sa compacité et son authenticité. Si le dernier quart de cette petite heure de set fut moins convaincant, on se dit, pendant tout le reste de leur concert, que Sonic Protest était, décidément, bien le lieu pour faire ce type de découverte.

Angelicus

Placés sur la scène, les quatre musiciens d’Angelicus étaient très attendus, eu égard à leurs états de service : autour du vétéran John Duncan, Werner Diermaier (de Faust) était à la batterie, Dirk Dresselhaus (Schneider TM) à la guitare et Ilpo Väisänen (de Pan Sonic) à l’électronique. Dans un continuum musical, avec des morceaux enchaînés dans un élan krautrock, John Duncan posa son chant quasi-parlé, avec des textes un peu noyés sous le reste, et notamment les basses électroniques et saturées envoyées par Väisänen. Diermaier se chargeait de frappes martiales sur sa batterie, délaissée pour un passage où il joua de la ponceuse électrique sur une plaque métallique (!). Dresselhaus, positionné au centre de l’estrade, ceint de sa guitare électrique, lui faisait subir plusieurs traitements, en harmonie avec le reste de l’offre. Si le tout n’emportait pas forcément notre adhésion, il convenait néanmoins de relever l’aptitude de ces quatre musiciens à former un groupe cohérent.

François Bousquet
le 28/03/2023

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