Piano Day 2023 : Melaine Dalibert / Nicolas Horvath / Ève Risser

 date du concert

30/03/2023

 salle

Institut Liszt,
Paris

 tags

Institut Liszt / Melaine Dalibert

 liens

Institut Liszt

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Compagnon de route de Sylvain Chauveau, Melaine Dalibert livre aussi, régulièrement, des albums solo, dont un tout récemment sur flau, qui avait plutôt attiré notre oreille nonobstant sa brièveté. À l’occasion de l’édition 2023 du « Piano Day » (cette manifestation créée en 2015 par Nils Frahm), et malgré un jour de retard (la date tombait le 29 mars), le pianiste (habitué de l’organisation de plateaux, en tant que programmateur du très bon festival rennais Autres Mesures) avait réuni deux autres musiciens autour de lui pour une soirée, donnée sur un piano à queue, dans une salle de l’Institut Liszt, centre culturel hongrois situé quasiment en face du Jardin du Luxembourg.

Melaine Dalibert

Ouvrant la série de trois concerts, le Breton débuta par trois morceaux précisément extraits de Magic Square : Prelude, Five et Perpetuum Mobile. Avec son jeu ample, laissant de larges respirations, Melaine Dalibert captiva d’entrée le public et invitait tout le monde à une concentration, qui n’interdisait pas à l’esprit de vagabonder. Le tempo s’accéléra dans la seconde partie de sa demi-heure, en même temps que quelques mesures d’improvisation furent introduites. Un léger travail sur la répétition des mêmes thèmes était également convoqué, tandis que des mesures plus mélodiques pouvaient être aussi attrapées au vol.

Après cette suite de compositions originales, Nicolas Horvath prit la suite, pour des interprétations d’Erik Satie (quelques Gnossiennes), de Philip Glass ou de Melaine Dalibert. Connu pour ses prestations-fleuves (l’intégrale de Glass en douze heures, l’intégrale de Satie, etc…), le Français ne dérogea pas à sa propre légende, oubliant quelque peu la contrainte posée pour ce plateau (trente minutes par artiste), pour faire courir ses doigts sur le clavier avec application. Globalement, d’ailleurs, le caractère très apprêté de l’ensemble nous gêna un peu : air pénétré du pianiste, yeux qui ne quittèrent pas ses partitions, jeu quasi-scolaire et musicien qui se prend clairement au sérieux.

Ève Risser

Beaucoup plus libre et détachée, Ève Risser, à peine débarquée du train, prit place vers 21h30, pour des premières pièces marquées par des inflexions jazz dans leurs harmoniques mineures, ou les mélodies de ce qu’elle appela des « chansons sans voix pour piano ». Un peu heurtée par moments, son interprétation de ces titres composés pendant le confinement souffrit aussi de fins trop soudaines, comme si elle n’avait pas encore trouvé le moyen de les donner en concert (c’était, d’ailleurs, la première fois qu’elle les jouait en public). Le dernier tiers de son set la vit passer au piano préparé, disposant pâtes à modeler, plaque de métal et e-bows sur les cordes de l’instrument. Certaines se trouvaient, ainsi, bloquées, d’autres produisirent des bruits métalliques ou bien une rythmique (quand la corde heurtait la plaque). Des notes tenues étaient mises en place grâce aux trois e-bows, un outil lui permit de frapper des cordes, et l’ensemble prit des atours entre musique contemporaine et expérimentation, démontrant que la richesse du piano est possiblement davantage dans cette approche moins conventionnelle.

François Bousquet
le 03/04/2023

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