Festival Variations 2023 : Dylan Henner / Lucrecia Dalt

 date du concert

05/04/2023

 salle

Lieu Unique,
Nantes

 tags

Festival Variations 2023 / Lieu Unique / Lucrecia Dalt

 liens

Lieu Unique
Lucrecia Dalt

 dans la même rubrique
05/12/2025
Ryoji Ikeda : Ultratonics
(Philharmonie de Paris)
20/11/2025
Eli Keszler / Tatiana Paris
(Dynamo)
19/11/2025
múm
(Trabendo)

Installé dans le paysage nantais, le Festival Variations continue d’offrir, chaque début de printemps, une quarantaine de propositions, musicales mais aussi chorégraphiques ou cinématographiques. Pianos et claviers y sont toujours majoritaires, mais le versant néo-classique de la manifestation disparaît peu à peu, pour offrir davantage de formats expérimentaux (à l’image des concerts pour une personne, donnés par Yann Gourdon, Nadia Ratsimandresy ou Rasim Biyikili & Anthony Taillard). Des personnalités tutélaires sont à l’honneur (Pauline Oliveros, Carl Stone, Abdullah Ibrahim, Éliane Radigue), une dizaine de lieux nantais sont sollicités (Musée d’Arts, Chapelle de l’Immaculée, Pannonica, Salons Mauduit, Maison de l’Europe, Stereolux…) et plusieurs plateaux entrent clairement en résonance avec nos propres aspirations.

Afin d’en profiter un maximum, c’est sur une petite semaine, autour du week-end pascal, qu’on cala le déplacement, laissant de côté la première partie du festival (et la soirée autour d’Oiseaux-Tempête ou bien le concert de Thomas Ankersmit). Pour ouvrir notre participation, et alors que, de l’autre côté de la ville, le FC Nantes se qualifiait pour la finale de la Coupe de France, direction le Grand Atelier du Lieu Unique (camp de base et organisateur de la manifestation) pour y retrouver Lucrecia Dalt (vue fréquemment depuis trois ans et demi) et y découvrir Dylan Henner.

Dylan Henner

Le Britannique, amateur de synthés analogiques (d’où le lien avec Variations), superposa des accords assez aériens, leur conférant une certaine oscillation bienvenue. Ajoutant quelques boucles électroniques assez bien senties, parfois légères, parfois plus graves, le jeune homme livrait aussi quelques lignes chantées, passées au filtre, ou bien des vocalises caverneuses (corrélées aux lumières rouges inondant une scène déjà noyée sous la fumée, caractéristique récurrente des concerts au Lieu Unique).

Si ses accords de synthé pouvaient paraître un peu trop étirés, quasi coulants, Dylan Henner paraissait très inspiré sous la capuche de son hoodie, passant d’un clavier à l’autre et battant le tempo de la main. L’empilement des multiples apports sembla bancal quand deux tempi différents s’affrontèrent (boucles et nappes au son futuriste), nécessitant un temps de calage dont il put s’accommoder, afin de mener à bien une grosse demi-heure tout à fait adaptée à un début de festival.

Lucrecia Dalt

Face à une salle bien remplie, Lucrecia Dalt arriva sur scène alors qu’un percussionniste y était déjà, et claqua du talon le sol, apparemment relié à ses machines puisque des sons se trouvèrent lancés de manière synchronisée. Alors que les concerts vus d’elle en 2019-2020 nous avaient rendus un peu circonspects, son électronique commençant à se montrer trop anxiogène et monocorde, cette nouvelle tournée vient défendre ¡Ay !, dernier album en date, opérant dans un registre beaucoup plus enlevé. La présence du percussionniste jouait, à cet endroit, un rôle décisif, avec ses bongos, congas, grosse caisse, bloc chinois et cymbales, positionnés entre ses genoux, à hauteur de mains ou au-dessus de lui. Un bon mariage était, alors, offert entre l’acoustique de ses peaux et les rythmiques synthétiques mises en place par la Colombienne, le premier étant toujours à la limite du démonstratif dans son jeu, sans jamais trop y tomber.

Le tropicalisme électronique, sorte de post-cumbia, ainsi créé, se faisait un peu désossé et sec : percussions sèches, fûts détimbrés, sons mats, mailloches dotées de feutrine, notes tenues de synthé souvent graves… Avec du chant sur chaque morceau, Lucrecia Dalt passait d’un micro direct à un autre filtré pour des effets légèrement forcés, le dédoublement de sa voix rendant peu intelligibles des paroles majoritairement chantées en espagnol. Dès lors, les passages plus instrumentaux (tel le dernier titre avant rappel) furent presque plus pertinents, tandis que des rais de lumière blanche ou rouge découpaient l’espace, par ailleurs toujours baigné de fumée, donnant un aspect un peu hors du temps et mystique à cette proposition, dont la singularité était à relever.

François Bousquet
le 06/04/2023

À lire également

09/04/2023
Festival Variations (…)
(Lieu Unique)
06/04/2023
Festival Variations (…)
(Ateliers de Bitche)
09/04/2023
Festival Variations (…)
(Lieu Unique)
Spartak
Verona
(Low Point)