du 03/03/2023 au 08/05/2023
HAB Galerie,
Nantes
Le printemps, ses oiseaux qui chantent, sa nature qui refleurit et ses paysages qui verdoient. À lire le communiqué, et à voir les images distillées dans Nantes, présentant l’exposition des frères Rabus, donnée de mars à mai à la HAB Galerie, le propos avait l’air assez raccord avec la saison. En vérité, les Suisses prennent délibérément un pas de côté avec le format un peu compassé des natures mortes. Si le réalisme de leurs peintures (chacun crée en solo, et l’exposition alterne œuvres de l’un et de l’autre) est très poussé, un élément dérangeant y est aussi, souvent, incorporé : un vagabond nu et assis, des déchets, une mouche dans un paysage de coucher de soleil, une ribambelle de saucisses devant un bocage où paissent des vaches.
Le mimétisme des créations se trouve alors teinté d’une distance, d’un recul ironique, et d’un regard différent. Plus encore, les compositions d’objet peuvent figurer des Chimères d’Appartement (agencement de lampes et de fauteuils pour constituer des simili-épouvantails), des Fétiches ou des Orgies. Pour ces dernières, la majorité des objets convoqués sont représentés de manière turgescente (bougies, saucissons…) ou faisant des flaques et taches blanches, tandis que des chiens ou pigeons s’accouplent. Tout cela n’est pas forcément très fin et, à force, un sentiment de trop-plein, voire de haut-le-cœur, naît, d’autant plus que l’exposition est très dense avec de nombreuses cloisons pour permettre un accrochage le plus large possible des grands formats de Léopold et Till Rabus.
Les couleurs saturées, l’aspect surexposé des lumières comme la crudité de leur représentation du monde finit même par verser dans le mauvais goût. Certes celui-ci est-il pleinement assumé par les frères de Neuchâtel, mais cela n’en écarte pas, pour autant, ce constat et l’effet un peu repoussoir de l’ensemble.
le 27/04/2023