Festival Présences Électronique 2023 : Lasse Marhaug / Puce Mary / :zoviet*france

 date du concert

16/04/2023

 salle

Maison de la Radio et de la Musique,
Paris

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 liens

Lasse Marhaug
:Zoviet*France :
INA / GRM

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Bien imprudents, nous n’avions pas imaginé que les venues de Stephen O’Malley et Jim O’Rourke allaient drainer les foules, au point de rendre complètes les deux premières dates de Présences Électronique une dizaine de jours avant cet événement. Aussi, ce n’est que le dimanche après-midi qu’on assista au festival pour cette nouvelle édition, dont la programmation parut moins aventureuse que par le passé, faisant le plein de têtes connues (dont plusieurs déjà présentes les années précédentes) : Romain Perrot, Tomoko Sauvage, Olivia Block, Jérôme Noetinger & Lionel Fernandez ou Eiko Ishibashi, pour les vendredi et samedi (en plus des deux figures tutélaires déjà citées).

Le dimanche débuta, comme de coutume, par une pièce de répertoire, diffusée par Jules Négrier. Contrasts Essconic s’ouvrit par de légers souffles, des bruits de gouttes d’eau dans de grandes étendues (dotées d’une forte réverbération) et des frappes sur des plaques métalliques. Daphne Oram ne l’avait certainement pas anticipé, mais ce morceau de huit minutes trouvait un emplacement ironique dans un programme proposé à la Maison de la Radio, établissement ayant connu une large série de travaux, pas encore tous terminés, au reste (en témoignent quelques bâtiments modulaires à l’extérieur).

Placé à la console, Lasse Marhaug livra un titre d’un gros quart d’heure, composé pendant le premier confinement, à partir de sons produits à la maison (froissements de papier, craquements d’allumettes) et d’autres capités dans la forêt. Assez fin dans sa première moitié, avec un travail pointilliste et acéré faits de petits sons, How To Avoid Ants se fit, ensuit, plus dense et abrasif, avec des souffles et un jeu sur la stéréo et la spatialisation du son. Possiblement trop brève, cette pièce nous permit néanmoins de découvrir un versant moins bruitiste de la production du Norvégien.

James Rushford & Joe Talia

Duo australien qui constituait l’unique découverte du plateau, l’attelage entre James Rushford et Joe Talia est actif depuis une quinzaine d’années. Installés derrière une table, sur scène, ils se complétaient bien : le premier utilisait un petit capteur pour délivrer quelques mots, ainsi que des nappes assez scintillantes, pendant que le second offrait des quasi-rythmiques, pulsations et à-coups. L’ensemble donnait une électroacoustique assez typique, mais aussi assez classique de ce qui peut figurer chaque année à Présences Électronique.

Une bonne semaine après l’avoir amplement appréciée dans le cadre du festival Variations, on retrouva Puce Mary, elle aussi positionnée derrière la console, au centre de la salle. Instillant un mini-larsen, la Danoise le conjugua avec des souffles et basses un peu saturées. Arythmique, sombre et dense, son propos tranchait avec celui entendu à Nantes, plus adapté à la configuration du studio 104, et à même de profiter de l’acousmonium, convoquant surtout deux grosses enceintes placées en front de scène, et d’autres à l’arrière. Des traits de guitare électrique se recouvrant progressivement furent, ensuite, apportés par Frederikke Hoffmeier, rejoints par des nappes plus lumineuses pour un superbe résultat, confirmant la très bonne réception de la semaine précédente.

:zoviet*france

Très attendu par le public nombreux (cette date était, elle aussi, complète), :zoviet*france était chargé de clôturer l’après-midi, avec le set le plus long (une bonne quarantaine de minutes), à l’aspect très onirique (appeaux à oiseaux, gouttelettes), dont on regretta qu’il ne fut pas davantage sublimé par l’acousmonium, insuffisamment utilisé. Des froissements de papiers réalisés en direct et un peu d’harmonica se trouvaient posés sur des nappes plus ou moins denses et compactes, pour un travail électroacoustique et, là encore, arythmique. Manquant vraisemblablement d’évolution (surtout sur une durée inhabituelle pour le festival), leur prestation fut, néanmoins, largement saluée par l’assistance.

François Bousquet
le 25/04/2023

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