du 26/01/2023 au 25/06/2023
Le Plateau / FRAC Île-de-France,
Paris
Répartie à parts égales entre françaises (trois artistes) et anglophones (trois autres), L’Irrésolue entend jouer sur les potentialités fictionnelles offertes au visiteur qui parcourt les espaces du Plateau. Avec ses six créatrices jusqu’alors inconnues de ces pages, le centre d’art remplit bien son rôle de recherche et de découverte, d’autant plus que les plasticiennes appartiennent à des générations différentes (plus de quarante ans d’écart sépare la plus âgée de la plus jeune). Si la proposition d’Anne-Lou Vicente n’est pas toujours concluante, eu égard au caractère non convaincant de certaines œuvres, la visite au FRAC Île-de-France s’avère ainsi toujours stimulante.
La juxtaposition de médiums différents permet, en toute hypothèse, de renouveler le regard, allant des peintures d’Éléonore Cheneau (petits formats abstraits et rectangulaires) aux carrés d’émail disposés sur une étagère de Céline Vaché-Olivieri, en passant par la vidéo de Leslie Thornton (une petite fille, au visage barbouillé de rouge à lèvres, qui joue avec des allumettes). Prenant place dans toute la dernière salle, Joanna Piotrowska y saisit en photo des parties du corps humain, tandis que deux femmes s’échangent des objets aux formes étranges dans une vidéo. Ces quatre créatrices ne parviennent malheureusement pas à nous toucher, ni forcément à susciter un quelconque horizon narratif, restant à la surface de leurs offres plastiques.
Avec les deux autres artistes, en revanche, on sera un peu plus intrigué et captivé. La large installation de Nadia Belerique, placée contre la grande baie vitrée du Plateau, combine pièges à souris rendus inoffensifs, ventilateurs à pales dont certaines ont été courbées et éclairage à variations. Dotée d’une forme de vie intérieure, pulsant en fonction de l’intensité lumineuse (déclenchée hors toute présence humaine), SLICE conjugue alors modifications d’objets du quotidien et vision animiste de ces ustensiles, dans un ensemble qui peut aussi s’apprécier de l’extérieur, tamisé par les voilages qui recouvrent la baie vitrée. Enfin, avec de simples cloisons légèrement entrebâillées, Camille Brée invite au voyage, appelle à l’aventure et questionne intelligemment. Un rai de lumière apparaissant au sol, une ampoule placée dans le doublage entre deux pans de mur, une couleur rouge renvoyant à l’idée de chambre noire, ou d’alcôve un peu licencieuse : autant d’indices qui permettent d’enfin convoquer l’imaginaire appelé de ses vœux par la commissaire dans sa note d’intention.
le 24/04/2023