(arjunamusic / Import)
10/02/2023
Electronique

Moins de six mois après Hungry Ghosts, album avec lequel on l’avait (favorablement) découvert malgré sa carrière longue de près de vingt ans, Samuel Rohrer est déjà de retour avec un nouveau long-format sur son propre label, arjunamusic. Si une telle proximité entre deux sorties nous paraît toujours un peu suspecte, l’intérêt porté à la publication précédente du Suisse balaie un peu ces réticences et nous invite à davantage de considération à l’égard d’un album qui, au surplus, évolue dans des terres un peu plus électroniques que son prédécesseur.
Continuant de marier batterie acoustique, synthés modulaires et électronique, Samuel Rohrer sait aussi travailler sur la durée, avec des propositions qui font entre cinq et dix minutes, soit un étiage tout à fait pertinent pour mettre en place une forme de répétition pleinement adaptée au registre en cause. Très à l’aise dans la combinaison entre apports percussifs de la cymbale et des percussions sèches, d’une part, et éléments électroniques, d’autre part (Body Of Lies, The Banality Of Evil), le musicien peut également s’aventurer dans des séquences parcourues de rythmiques dub, dans une veine proche d’une techno minimaliste (polyrythmie pointilliste, bribes vocales) (Scapegoat Principle).
L’aspect un peu sourd des rythmiques dub trouve un écho dans les pulsations de Fourth Density, excellent titre d’electronica simple, dépourvue d’effets et au caractère joliment aérien. Plus orchestré, Talking To Nature Spirits convoque des percussions « tribales », superposées aux autres interventions rythmiques, et à des incursions de synthé modulaire, dans un élan d’ensemble qui invite l’auditeur à hésiter entre la transe et l’introspection, dans un entre-deux savamment maîtrisé.
le 17/05/2023