du 21/04/2023 au 02/07/2023
Crédac,
Ivry-sur-Seine
Si son nom ne nous était pas inconnu, c’est sans grand souvenir du travail d’Éric Baudart que fut débutée la visite de son exposition au Crédac. Ses formes plutôt minimalistes, et parties d’objets de rebuts ou détournés ne signant pas, non plus, un geste extrêmement différenciant de plusieurs créateurs contemporains, on n’était bien en peine de se remémorer sa présentation à la Fondation Ricard en 2011, ou bien ses participations à des offres collectives.
Qu’importe, après tout, cela permet aussi de goûter une proposition sans filtre et d’apprécier, par exemple, ces jeux optiques dont celui qui occupe deux larges murs de la salle principale, avec ses ressorts de matelas disposés sur toute la hauteur des parois, parfois sur plusieurs épaisseurs, donnant une impression de profondeur quasi-vertigineuse (multispires). Plus ramassé dans son expression, BIC juxtapose de nombreux corps de stylos à bille cristal, dont certains ont été évidés de leurs mines. Le losange ainsi formé travaille sur la perspective et un effet de déplacement statique très réussi. À travers ces deux œuvres, c’est aussi une approche de la sérialité qui transparaît, qu’on retrouve dans OTS, immense patchwork de radiateurs de voiture, ou dans conCav extra blanc, superposition de feuilles de papier.
Avec ses couleurs volontairement un peu ternes, ses tons grisés et l’aspect un peu industriel de certaines de ses créations, Éric Baudart convoque aussi, comme souvent dans l’espace ivryen, un dialogue avec le lieu, son passé et son aspect. Les vieux fauteuils posés au milieu d’une salle, une suspension en forme de mouette qu’on croirait récupérée d’un déménagement ou un ventilateur fatigué répondent également à cette volonté de ne pas laisser disparaître des objets qui, même en l’absence de toute transformation ou apport artistique, trouve une place idoine au sein de l’exposition.
le 23/05/2023