Soirée Fonal : Kiila / Islaja / Es

 date du concert

06/04/2006

 salle

Instants Chavirés,
Montreuil

 tags

Es / Instants Chavirés / Islaja / Kiila

 liens

Kiila
Es
Islaja
Instants Chavirés

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Après avoir vu Kiila il y a trois ans lors du festival K-raa-k, puis Kemialliset Ystävät cette année lors du festival FatCat, on se devait, ayant apprécié des deux groupes, de venir découvrir un peu mieux le label Fonal à l’honneur ce soir aux Instants Chavirés.

C’est Sami Sänpäkkilä qui ouvre la soirée en tant que Es, responsable du label Fonal mais qui sort ses albums chez (K-RAA-K)3. On est assez surpris par le changement de direction puisque si l’on s’attendait à voir Es derrière un laptop, c’est à la guitare qu’il se produit ce soir, avec un rapide égrenage de notes, l’ajout d’un mélodica, puis un chant vaporeux. Agréable sans plus, le final nous rapprochant de cette vague à la mode, un peu hippie. On préférera le deuxième morceau, cette fois en duo, Sami jouant une mélodie répétitive d’orgue, tandis que son comparse alternait entre spoken word façon crooner et doux chant. Plus tard les deux hommes chantent ensemble, leurs voix se croisent, se relaient et la magie opère. Es nous offrira trois titres d’une dizaine de minutes chacun dans trois style différents, prenant leurs guitares sur le dernier, sorte de psyché rock débridé au chant plus affirmé et final bruitiste. On sera alors moins client, et Es nous apparaîtra comme un artiste insaisissable.

On enchaîne avec Islaja, le projet de Merja Kokkonen, accompagnée sur scène d’autres musiciens du label, notamment membres de Kiila ou Kemialliset Ystävät au sein duquel elle oeuvre également. Voix fragile, empreinte d’une certaine gravité sur mélodica, formule guitare-basse-voix, puis violon et percussions, la tension augmente au fil des morceaux tout en restant proche, au niveau du chant, d’un folk scandinave. Ambiances douces, feutrées, mais parsemées d’embûches : cassures dans la voix qui sait se faire plus forte et grave, changements de rythme, violon tour à tour accompagnant et grinçant, guitares mélodiques puis rugueuses.
Islaja nous apparaît alors inclassable, mais touchante par sa sincérité.

C’est ensuite au tour de Kiila, collectif au sein duquel on retrouve Es et son comparse crooner tour à tour au clavier et percussions, ainsi que les musiciens qui accompagnaient Islaja avec notamment violoniste, bassiste. On ne s’étendra pas sur la composition du groupe, les musiciens changeant régulièrement de place, d’instrument pour brouiller les pistes. Ce qui nous semblait il y a trois ans relativement improvisé nous apparaît ici être une machine bien rôdée. Une musique très répétitive sensée emmener tout le monde vers un état de transe, des chants produits en choeur venant ajouter à l’aspect communautaire, bref, Kiila produit un psyché-folk plutôt réjouissant, et léger.

En guise de bonus, on aura droit à un concert de la part d’un des membres de Kiila, seul à la guitare. On ne saura pas s’il s’agissait uniquement de reprises acoustiques ou d’un mélange de reprises et de compositions personnelles, mais le mélange était inégal. Celui que l’on qualifiait de crooner un peu plus haut alors qu’il accompagnait Es, a à son avantage une voix couvrant un large spectre, pouvant nous faire penser à Leonard Cohen sur un premier titre dans une version aux intonations latines, alternant chant et sifflements sur une ballade romantique. une chanson apparemment sans le moindre intérêt se voyait ici interprétée avec brio alors que l’artiste cherchait à utiliser sa voix autrement, alternant chant fort et murmures empreints d’une certaine gravité. On passera sur la reprise du Lemon Incest de Gainsbourg et il finira sur une magnifique reprise du Going Down To Die du groupe heavy metal Danzig.
Excellent accueil pour cet artiste qui n’a rien sorti jusque là, qui fut même surpris par une telle réaction du public et se vit obligé de faire un rappel. A suivre donc...

Fabrice ALLARD
le 09/04/2006

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