(n5MD / Import)
24/03/2023
Electronique

Intituler son disque du nom d’un complexe nucléaire, situé au nord-ouest de l’Angleterre, ayant connu plusieurs accidents sur ses réacteurs, laisse augurer de compositions assez sombres et inquiétantes, manières de retracer l’angoisse qui peut saisir face à de telles catastrophes et au risque encouru par la population voisine. Pourtant, Windscale voit plutôt Last Days livrer une petite heure d’ambient assez riche, traversée de traits de guitare électrique (Free Energy), de montées chromatiques presque tintinnabulantes (Core) et parcourue, dans l’ensemble, d’une belle luminosité.
À cet égard, on pourra saluer, par exemple, les nappes de 20/53 qui sont habilement conjuguées à un tapis de grésillements. Poursuivant le déroulement de l’album, l’auditeur peut aussi croiser des rythmiques assez soutenues, opérant sur une courte piste (Patricle Detector et ses cent secondes), une inflexion post-rock quand batterie et lignes de guitare caractéristiques structurent Close The Windows et 200 Square Miles ou bien des jeux sur les harmoniques de six-cordes (Fallout). Ces morceaux viennent contrebalancer les passages plus attendus, tels Atoms For Peace ou Error Of Judgement et leurs cordes cherchant trop ouvertement une certaine émotion.
Avec cette forme de retour à ce qu’il pouvait faire avec talent à ses débuts sur n5MD, Graham Richardson propose un disque assez long en bouche, dont les réécoutes se font (et se feront) avec intérêt.
le 09/06/2023