(4AD / Beggars)
24/03/2023
Rock

4AD / Ambient / Lucinda Chua
Sans réelle surprise, le premier album de Lucinda Chua sous son nom propre, publié sept mois après un 12", poursuit la direction empruntée avec ce regroupement de EP : un chant de plus en plus assuré et une instrumentation de plus en plus minimale. On avait, cependant, espéré que le chemin pris serait moins prévisible, mais la musicienne paraît avoir trouvé un style qui lui sied, à elle et à 4AD qui l’accueille. Un peu trop diaphane, l’ensemble nous apparaît comme manquant d’aspérités et de mise en danger. Au contraire, la jeune femme déroule son programme, misant quasiment tout sur sa voix et sa personnalité, d’ailleurs largement mise en avant par toute la narration autour de ce YIAN : intitulé renvoyant au petit surnom que lui ont donné ses parents, insistance sur son mélange culturel anglo-sino-malaisyen, visuel mettant en avant sa plastique avantageuse, styliste et coiffeur crédités dans le livret, clips qui la mettent en scène dans une robe virginale, etc…
Tout cela conduit à un objet éthéré et qui s’écoute un peu distraitement, bercé par la voix de Lucinda Chua et ses « ouh-ouh-ouh ». Quelques pistes uniquement instrumentales demeurent (Meditations On A Place et ses tapis de cordes, Grief Piece et son clavier joliment ouaté), comme des morceaux un peu plus intéressants (An Ocean et Echo avec un piano électrique cotonneux, en soutien de la voix, Autumn Leaves Don’t Come dans lequel son chant est plus direct, moins apprêté). Au total, cela fait quand même la moitié d’un disque qu’on a possiblement jugé trop sévèrement, mais cela tient à l’affection qu’on porte à son autrice, suivie de longue date et qui, globalement, s’affadit et se standardise avec le temps.
le 13/06/2023