The Declining Winter

Really Early, Really Late

(Home Assembly Music / Import)

 date de sortie

31/03/2023

 genre

Rock

 style

Post-Rock / Lo-Fi

 appréciation

 tags

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The Declining Winter

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Notre dernière recension d’un disque de The Declining Winter était assez (trop ?) sévère, regrettant une forme de mimétisme entre les morceaux, une absence de renouvellement dans l’instrumentation, voire, pourquoi pas, une paresse dans l’écriture. L’ouverture de Really Early, Really Late, publié quatre ans et demi plus tard (et alors que, dans l’intervalle, d’autres sorties ont paru, non chroniquées ici), nous replonge dans ces souvenirs : énième arpège de quatre notes de guitare électro-acoustique en base et atmosphère pastorale de tombée du jour déjà fort éculée. D’aucuns diront que cela s’appelle un style, une patte, une marque de fabrique ; on peut objecter qu’au bout de quinze ans de carrière, il est aussi permis d’évoluer.

En vérité, après un premier passage en revue donnant l’impression de retrouver un sentiment déjà éprouvé lors de l’analyse de Belmont Slope, des écoutes complémentaires permettent de réévaluer un peu ce jugement possiblement trop hâtif et issu de préjugés. À nouveau, la contribution de complices de Richard Adams apporte davantage de corps et de consistance : violon, batterie, trompette peuvent, ainsi, renouveler les sonorités et dépasser l’aspect trop mécanique que revêt la traditionnelle combinaison guitare-chant. De même, à la fin de ...Let These Words Of Love Become The Lamps That Light Your Way, on ne sait si la pluie qu’on entend est vraiment de la pluie (ce qui serait cohérent avec l’ambiance générale des productions de l’Anglais) ou bien s’il s’agit d’une création numérique assez novatrice chez lui.

Sur le plan stylistique, il nous semble également que The Declining Winter livre, ici, davantage de morceaux longs qu’auparavant (plus de six minutes en moyenne pour chacun des neuf titres), invitant ses comparses pour des divagations post-rock dans lesquelles le chant de Richard Adams laisse place à des instrumentaux étirés, déployés pendant de longues mesures et aptes à instiller leur touchante grâce dans l’esprit de l’auditeur (le morceau-titre). Cette durée favorise aussi une sorte de prise de risque, avec des morceaux plus éthérés, sans cette éternelle boucle de six-cordes, misant sur une mise en écho de la voix du Britannique et quelques instruments lointains (This Heart Beats Black), ou bien des ruptures de rythme telle l’apparition d’une section rythmique au mitan d’How To Be Disillusioned qui donne une sensation d’ouverture et d’espace à la seconde moitié d’un titre aux accents post-rock.

François Bousquet
le 19/06/2023

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