(Kranky / Modulor)
07/04/2023
Electronique

Ambient / Kranky / Tim Hecker
Délaissant (pour le moment ?) ses comparses japonais, Tim Hecker se recentre sur son ambient pour son nouvel album, simplement accompagné de Colin Stetson pour quelques sons de saxophone sur un morceau. Si nous avons, par le passé, été un peu déçus par les productions du Canadien dans ce registre, ce nouveau disque se singularise par une approche moins dense et homogène que précédemment, cherchant à davantage mettre en danger, ou en tension, ses composantes.
Ainsi, les accords de clavier un peu mystiques (voire pompeux) et les nappes enveloppantes se trouvent mis en regard de notes régulières et rapides (le mal-nommé Monotony, Lotus Light) qui s’apparentent, alors, à des rythmiques aux limites d’une sorte de micro-dub (source assumée si l’on en croit l’intitulé de Pulse Depression). Si l’aspect un rien majestueux de l’ensemble, forme de marque de fabrique de Tim Hecker, demeure, l’écoute se trouve beaucoup plus active, sollicitée constamment par l’impression de mouvement et d’avancée générée par ces combinaisons musicales.
Dans ce contexte, quand intervient une plage arythmique, uniquement faite de nappes juxtaposées (Winter Cop), l’auditeur y retrouve de l’intérêt, comme une respiration entre deux morceaux plus amples et riches. Relayés, sur Monotony II, par le saxophone de Colin Stetson, aux notes tout aussi rapides et au jeu tout aussi ample, les tapotements chromatiques constituent donc bien le fil rouge d’un album qui s’avère son meilleur depuis An Imaginary Country, soit une quinzaine d’années.
le 23/06/2023