(Hymen / Internet)
17/04/2023
Electronique

À l’instar de plusieurs autres artistes d’electronica très suivis dans les années 2000, Lackluster était absent de ces pages (hormis une participation à une compilation Cottage Industries de Neo Ouija) depuis douze ans. Dans pareil cas, on se demande toujours si c’est une forme de lassitude qui a poussé à moins s’intéresser au travail de ce musicien ou bien si celui-ci avait réduit son activité de lui-même. S’agissant du Finlandais, la vérité est un peu entre ces deux hypothèses puisque, depuis 2014, il a fait paraître peu de sorties, et toutes en numérique, de manière autodistribuée. Avec son arrivée sur Hymen Records, label qu’on associe d’ordinaire à une musique plus indus, c’est une visibilité plus grande qu’il retrouve, en même temps que le chemin jusqu’à nous.
Publié uniquement sur internet et ramassé en-dessous des quarante minutes, Alley se présente tout à fait comme un album de retour : plutôt modeste dans son format et concentré sur le savoir-faire de Lackluster dans son développement. Les lignes mélodiques se font également modestes, présentes mais pas trop accrocheuses, tandis que le travail rythmique sait, pour sa part, opérer, par endroits, sous un jour un peu complexe (les éléments un peu « crunchy » de Pepper Alley).
À côté, les autres composantes naviguent entre inflexions un peu futuristes, sonorités rêveuses (Gnger Alley) et consonances légèrement datées (les chromatismes de synthé de Coffe Bean Alley et Cinammon Alley). Assez varié, Alley offre même un morceau au tempo plus soutenu, presque sautillant par sa rythmique fine et pressée (Vanilla Alley), et nous confirme qu’Esa Ruoho est bien un des meilleurs musiciens du genre.
le 30/06/2023