(Constellation / Modulor)
21/04/2023
Rock

Lieu d’accueil des différents projets et pas de côté d’Efrim Menuck, en marge de Godspeed You ! Black Emperor, le label Constellation publie le second album d’All Hands_Make Light (cette petite coquetterie du tiret bas en milieu de nom de groupe !), duo formé avec la chanteuse et musicienne Ariel Engle. Membre de Broken Social Scene, entre autres formations, apparue aux côtés de plusieurs artistes canadiens, la jeune femme vient proposer à son compatriote une ouverture vers d’autres rivages, tout en conservant cette logique instrumentale parfois étirée sur dix minutes.
Rejoints par des comparses réguliers sur quelques morceaux (Jessica Moss au violon et Liam O’Neill des Suuns à la batterie), les Canadiens profitent de cette longueur pour partir un peu dans tous les sens, dans une approche débridée qui frise avec la surenchère foutraque (la seconde moitié de We Live On A Fucking Planet And Baby That’s The Sun), mais savent aussi contenir leurs élans et offrir un développement plus structuré (les neuf minutes trente de The Sons And Daughters Of Poor Eternal). La voix, souvent filtrée et/ou doublée, de la jeune femme se trouve posée sur des couches instrumentales de guitares et synthés, dans un élan quasi-shoegaze par endroits (Waiting For The Light To Quit).
En vérité, tout au long de Darling The Dawn, on n’a cessé de se dire qu’All Hands_Make Light parvient assez bien à se positionner à l’exact équilibre entre les deux grandes tendances des vingt dernières années du rock canadien : le post-rock (de tous les groupes de Constellation) et le rock instrumental un peu psyché (incarné par Broken Social Scene ou The Besnard Lakes). Accessoirement, c’est aussi un pont entre francophones et anglophones qui se bâtit, ici, qui se trouvent à parler un langage tiers, parfois un peu trop forcé (les ports de voix d’Ariel Engle sur Lie Down In Roses Dear), mais qui demeure assurément intéressant.
le 03/07/2023