Norman Foster

 date

du 10/05/2023 au 07/08/2023

 salle

Centre Pompidou,
Paris

 appréciation
 tags

Centre Pompidou / Norman Foster

 liens

Centre Pompidou

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La monographie consacrée à un architecte, surtout s’il est vivant, n’est jamais chose aisée. Le Centre Pompidou, après s’être frotté à Frank Gehry en 2014-2015 ou Tadao Ando fin 2018 (plutôt avec réussite dans notre souvenir, bien que nous n’ayons pas recensé ces expositions), consacre, en ce milieu d’année 2023, son principal espace à Norman Foster, pour une proposition largement pensée par l’Anglais lui-même et qui, de ce fait, n’échappe pas toujours à l’hagiographie, voire à l’autopromotion un peu opportuniste. Surtout connu en France pour Carré d’Art à Nîmes ou le Viaduc de Millau, le Britannique a également conçu quelques constructions iconiques à Londres (la tour du 30 St Mary Axe, en forme d’ogive ou de cornichon, le Millenium Bridge, la rénovation du British Museum, l’Hôtel de Ville) ou ailleurs (la Hearst Tower à New-York ou bien le campus circulaire de l’Apple Park en Californie).

Vue de l’exposition

Après une grande salle parsemée de dessins, croquis, esquisses de ses premières années, ainsi que des petites photos inspiratrices, l’exposition se constitue de six séquences, assez bien thématisées, permettant de retracer, dans des catégories cohérentes, le parcours de Norman Foster : relation à la nature, tours et buildings, travail sur l’enveloppe, lien à la tradition, planification urbaine et créations liées aux mobilités. Comme on pouvait s’y attendre, maquettes, dessins préparatoires et vidéos montrant les réalisations concrétisées occupent la très large majorité des espaces, aux côtés de quelques œuvres de plasticiens dont le Britannique s’est inspiré : une tour de Calder, Oiseau dans l’espace de Brancusi, le Modulor du Corbusier, etc… Au contact de ces créations, on sent le geste de Foster évoluer : après avoir été un peu limité à deux formes dans ses premières années (le toit mono-pente à faible inclinaison et le dôme ovale), il s’ouvre à des structures plus élancées, allant chercher de la densité verticale plutôt qu’horizontale.

Pour documenter cette évolution et les travaux exposés, les cartels, rédigés par l’architecte lui-même, font assaut de préoccupations environnementales qui, à la longue, virent clairement au greenwashing pour celui à qui on peut reconnaître une appétence pour les enjeux environnementaux, mais qui ne se signale pas spécialement par sa sobriété (peu d’utilisation du bois, au profit du béton, verre et acier ; des hauteurs stratosphériques, etc…). Dès lors, lire, dès la première ligne du document de visite que Foster s’est fait « précurseur » des « thématiques du développement durable » et se trouver face à des puces vertes sur chaque cartel vantant les mérites bioclimatiques ou énergétiques des bâtiments, gêne un peu. De même, le visiteur ne sera, naturellement, pas informé des installations, a posteriori, d’amortisseurs destinés à sécuriser les effets de balancier d’un Millenium Bridge battu par les vents (effets pas totalement maîtrisés, avons-nous pu constater en empruntant l’ouvrage l’an passé).

Au-delà de ce parti pris très laudateur et manquant un peu de recul avec son sujet (autre exemple : on ne sait pas quel projet a été réalisé, et quel projet est resté au stade de projet), l’exposition se signale par une scénographie faite de longs panneaux transverses, venant rythmer et découper la Galerie 1, et créant des espaces semblables aux rues d’une de ces villes pour lesquelles Foster a réalisé des plans-guides. Intéressante dans sa conception, elle conduit toutefois à des allers et retours dans une visite qui permet, malgré cela, de montrer la création à l’œuvre, comme lorsqu’est exposée la dizaine d’essais en amont de Carré d’Art.

François Bousquet
le 05/07/2023

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