(home normal / Import)
05/05/2023
Electronique

Comme plusieurs artistes du label home normal, intervenant dans ce champ entre post-rock et ambient, à base de nappes frémissantes et de petites notes, on a l’impression que Ghost And Tape publie plusieurs sorties par an, et qu’on fait le choix de n’en recenser qu’un (tout) petit nombre, puisqu’il s’agit, ici, de la seconde chronique d’une parution de ce musicien. Or, il n’en est rien car, depuis 2017 et ce Vár favorablement reçu sur nos pages, Heine Christensen n’avait rien sorti, se faisant économe de son propos et de sa production. Cette économie se retrouve, au reste, sur ce Freeform, long seulement d’une quarantaine de minutes pour sept morceaux, ainsi que dans l’instrumentum convoqué par celui qui vit toujours en Espagne, mais a quitté Barcelone pour Saint-Jacques de Compostelle.
En effet, la guitare a été définitivement délaissée, pour n’utiliser qu’un synthé modulaire, et travailler les différentes possibilités offertes par cette machine. Une texture vibrante et discrète, conjuguée à une note tenue oscillante, sont ainsi mises en place, tandis que des interventions plus claires et quelques petits traitements sont posés sur le dessus. D’apparence fragile, l’ensemble témoigne, néanmoins, d’une certaine robustesse dans sa capacité à faire sonner son synthé d’une manière très émouvante (on croirait, par endroits, entendre une guitare) et à tenir sa ligne sans sourciller. S’il en résulte possiblement une absence de variété sur la longueur du disque, Ghost And Tape y trace une route très cohérente et fort agréable.
le 17/07/2023