(Audiobulb / Internet)
13/05/2023
Electronique

Avec son visuel de pochette et son intitulé, on pouvait s’attendre à un album d’electronica très « poppy » de la part de Nonturn, cinq ans après un premier effort convaincant, qui prenait le parti de traiter des sons urbains captés, dans une coloration aux tonalités plus dures. Sans aller jusqu’à un tel registre, il est évident que le propos se fait plus léger que dans Territory, bien que la formule soit identique, avec ces matériaux glanés un peu partout, et retravaillés par le musicien Japonais.
La dimension electronica se fait plus manifeste, servie par des morceaux durant plus de six minutes de moyenne, déployant rythmiques et couches mélodiques plutôt claires et accortes. Il en découle qu’on en vient, rapidement, à oublier le principe de départ et les sonorités récupérées apparaissent davantage comme des matières premières, issus de machines et adjuvants électroniques. Habilement travaillées, les rythmiques un peu « crunchy » peuvent, ainsi, servir de soutien à des lignes mélodiques (Wherever ou Abandon), être plus mécaniques dans leur articulation pour constituer quelque chose d’assez précis (Struggle), ou bien convoquer de savoureux « vents électroniques » (Gratification).
À d’autres endroits, c’est un ouvrage plus expérimental qui se développe, avec des nappes empilées et étirées, de manière à donner une consonance plus spectrale (Opportunity), ou bien un chromatisme plus mélancolique, à la faveur de tonalités mineures, de rythmiques discrètes et de quelques vocalises (Digress ou Intention). Si Nozom Yoneda se fait possiblement moins singulier dans son approche technique, avec ce Jellybeans, le résultat est, on le constate à la lecture de ces différentes qualités, tout à fait emballant.
le 27/07/2023