Andrius Arutiunian

Seven Common Ways of Disappearing

(Hallow Ground / Import)

 date de sortie

09/06/2023

 genre

Electronique

 style

Néo-Classique

 appréciation

 tags

Andrius Arutiunian / Hallow Ground / Néo-Classique

 liens

Hallow Ground
Andrius Arutiunian

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Poursuivant son semestre dévolu à des nouvelles signatures, Hallow Ground nous emmène dans des pays peu fréquentés avec un artiste arméno-lituanien (!) dont les deux compositions ici gravées sur un beau vinyle argenté avaient été écrites pour servir de bande-son au pavillon arménien lors de la Biennale de Venise 2022. Habitué du travail au piano, Andrius Arutiunian avait pensé ces pièces pour deux musiciens : l’un au clavier, l’autre à l’électronique. Pour le passage sur support physique, c’est tout seul qu’il a enregistré ces deux longues propositions, entre divagations un peu improvisées et néo-classique très pensé.

Les notes aiguës de piano, jouées rapidement, façon ostinato, trouvent, sur Forwards, un écho dans de légers trilles électroniques, tout aussi pointus et rapprochés, si bien qu’on ne distingue plus forcément quoi provient d’où, dans un mélange assez prenant. Un grésillement vient, au mitan du morceau, occuper l’arrière-plan et progressivement recouvrir l’espace sonore, sans pour autant pleinement dominer les petites cascades présentes originellement, et même contraint de plier bagage, au profit d’un sifflement lointain.

On retrouve les brèves notes aiguës sur Backwards mais soutenues, cette fois-ci, par des comparses jouées de la main gauche, dans la partie grave du clavier. Paraissant tomber comme des gouttelettes (ou, plutôt des lames de métal qui chuteraient sur le sol), ces interventions confirment l’aspect aléatoire que traque celui qui habite entre Paris et La Hague. À nouveau, une incursion électronique se fraie un chemin, sur la seconde moitié du titre, vague granuleuse qui laisse, ensuite place, à des coups sourds

Le temps long sert assurément le propos d’Andrius Arutiunian, avec cette capacité à étirer ses circonvolutions et tournoiements musicaux. Comme souvent en pareil cas, on peut aussi s’interroger sur le calibrage des morceaux (au-delà de la contrainte purement matérielle d’une face de LP) qui pourraient durer cinq minutes de moins, ou dix minutes de plus, sans que leur schéma, ni que le propos, ne soient véritablement bouleversés. De même, la volonté, assumée, d’une approche un peu cérébrale, quasi-mathématique pourra décontenancer, l’auditeur étant en droit d’attendre un peu plus de corps ou de chaleur sur ce qui sonne, quoiqu’il en soit, comme un intéressant travail de recherche musicale.

François Bousquet
le 08/08/2023

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