(130701 / PIAS)
23/06/2023
Rock

Arrivée sur 130701 il y a cinq ans, Shida Shahabi y a vite trouvé sa place, bien que ces pages n’aient pas encore eu l’occasion de rendre compte de son travail : deux EP en solo, un 12" partagé avec ses compagnonnes de label Resina et Émilie Levienaise-Farrouch et deux albums. C’est avec son second qu’on s’arrête sur les compositions de la Suédoise qui, à la faveur de son parcours (qui l’a aussi vu réaliser quelques bande-sons, dont celle du Falcon Lake de Charlotte Le Bon), a rencontré des acolytes qui lui permettent d’aller au-delà du piano solo. De fait, dès l’ouverture de Living Circle, ce sont plutôt la contrebasse et le violoncelle (respectivement joués par Gus Loxbo et Linnea Olsson) qu’on entend, dans un registre néo-classique plutôt sombre et parcouru de vocalises.
Alors que la crainte était réelle de passer trois-quarts d’heure dans cette veine, fort connue, la jeune femme sait bousculer un peu son auditoire en introduisant, au sein de titres n’hésitant pas à durer au-delà de neuf minutes, électronique et saturations (Deep Violet Of Gold) ou bien, à l’autre bout du spectre, accords clairs de piano et interventions prolongées du violoncelle (le morceau-titre), ou encore, ces mêmes accords clairs de clavier avec des vocalises féminines (Aestus).
Toutefois, ce dernier style peut aussi paraître un peu trop couru, et Shida Shahabi en est possiblement consciente, l’abandonnant vite pour des conjonctions habiles et équilibrées des différents matériaux (Remain), dont des contributions étirées et opaques du Moog d’Hampus Norén (Tecum). Il en résulte un espace plus personnel et, assurément, plus convaincant.
le 22/08/2023