(Constellation / Modulor)
26/05/2023
Electronique

À la fois fidèles aux petites structures qu’il fréquentait avant d’arriver sur Constellation et au label montréalais qui lui a permis d’obtenir une plus large écoute, Joni Void a livré, entre deux disques sur ce dernier, un certain nombre de sorties sur les premières. Pour notre part, c’est uniquement par le truchement de ses longs-formats sur Constellation que nous le suivons, pour constater que son propos se déploie, désormais, dans un registre fait de collages (avec du matériel capté un peu partout : dans la rue, dans le bus, lors de concerts) et d’expérimentations diverses. Les voix sont toujours présentes, comme celle de Sarah Pagé (d’Esmerine) ou d’Owen Pallett (de Final Fantasy), mais elles semblent provenir d’enregistrements glanés à droite, à gauche, et non plus forcément être posées sur des instrumentaux, par une construction travaillée ; et cela même quand ses voix interviennent de manière timbrée et véritablement chantée (Parallax Error).
D’ordinaire, nous ne sommes pas nécessairement très clients des collages sonores, y décelant souvent une forme de facilité, en même temps qu’une forme d’épuisement de l’auditeur, brinquebalé entre les différentes sources utilisées. Le sentiment est assez voisin, sur Everyday Is The Song, quand on prend individuellement chaque morceau, voire une dizaine de secondes dans ces titres. En revanche, si on considère l’album dans son intégralité, avec l’enchaînement de ses douze pistes, l’ensemble fait sens et trouve une bonne cohérence, d’autant plus que Joni Void parvient, tout en restant dans le registre choisi, à offrir une piste plus apaisée et presque mélancolique comme Present Day Montage.
le 04/08/2023