(Hubro / Import)
08/10/2021
Jazz

Voici une chronique un peu tardive, mais qui arrive pour pouvoir compléter notre panorama du travail de Nils Økland, juste avant de rendre compte de son nouvel album, en duo avec Sigbjørn Apeland.
S’il s’agit du premier disque publié sous son seul nom depuis 2009 (et le très beau Monograph, alors paru sur ECM), Glødetrådar est un peu trompeur car Nils Økland y retrouve sept autres musiciens pour accompagner son hardanger fiddle ou sa viola d’amore. Familiers du Norvégien pour l’avoir déjà côtoyé dans différents groupes (1982, Lumen Drones ou le Nils Økland Band), ces sept comparses ne sont pas considérés comme des faire-valoir par Økland puisque leurs noms apparaissent sur la pochette de l’album et qu’ils agissent tous en habiles contrepoints de ses propres instruments.
Ainsi en est-il, par exemple, de la contrebasse de Mats Eilertsen, au toucher aussi rond et soyeux que les interventions d’Økland sont pointues. De même, les frappes sur les cymbales d’Ørjan Haaland viennent utilement soutenir les divagations de fiddle, lequel vient, plus loin, escorter les vocalises interprétées par tous les musiciens et leur producteur (Sjanti). Souvent intégrées progressivement, les participations de ces invités permettent d’emmener les morceaux vers des rivages plus orchestrés, soit proches d’une forme de fanfare free-folk (Rull, marqué par la trompette de Torbjørn Økland, frère de Nils), soit voisins d’un certain rock progressif (le morceau-titre avec la participation de la guitare électrique de Per Steinar Lie).
Organisée par le festival Vossa Jazz (manifestation tenue annuellement à Voss, station proche de Bergen), la rencontre entre ces huit musiciens s’est prolongée, quelques années après ce concert, par des sessions d’enregistrement en studio. Celles-ci ont permis de réaliser cet album que publie Hubro, entre retranscription d’improvisations et témoignage d’une belle entente entre tous ces artistes.
le 02/08/2023