(Morr Music / Bigwax Distribution)
23/06/2023
Electronique

Alors que, par le passé, il nous avait habitués à intervenir entre deux disques d’Isan, c’est dans la foulée de son précédent album en solo que Robin Saville publie un nouveau long-format, comme s’il avait davantage à dire en solitaire qu’en duo. Musicalement, les deux projets ont, dorénavant, chacun leur ligne d’electronica bien définie : Isan offre des rythmiques et mélodies très affirmées, Robin Saville opte pour un positionnement plus onirique et fait appel à des instruments véritables. Pour Lore, l’Anglais intègre également plusieurs sons captés dans la rue et à la campagne, à la faveur de promenades autour de chez lui.
Comme sur ses disques antérieurs, Robin Saville confère un caractère rebondissant certain à ses notes, technique qui lui permet de les marier habilement aux pépiements d’oiseaux saisis avec son micro (les rossignols de Judith Avenue), et qui appelle aussi un dialogue fécond avec l’aspect cristallin de quelques-unes de ses composantes (Beltane) et la présence de Glockenspiel et autres instruments au fin toucher métallique (Tapetum). Ces derniers peuvent aussi être positionnés en majesté, doublés et soutenus par une rythmique régulière et boisée (Theberton Public Road No1, Belfry), dans ce qui constitue, alors, une sorte d’impeccable condensé des capacités et qualités du Britannique.
Structurellement, cet album, publié uniquement en LP pour sa version physique, joue de ce format, en livrant deux pistes supérieures à dix minutes en ouverture de chacune des deux faces, avant de proposer deux autres morceaux, un peu moins longs. Ce schéma favorise l’entrée dans l’univers dépeint par Saville, qui invite à une forme de voyage de proximité, faisant appel à des éléments très connus et familiers, mais gracieusement passés au tamis de son electronica.
le 24/08/2023