(Präsens Editionen / Internet)
28/04/2023
Electronique

Après l’avoir découverte sur la compilation Epiphanies du label Hallow Ground, c’est sur une autre structure de Lucerne, Präsens Editionen, qu’on retrouve Magda Drozd pour sa troisième publication. Sorti uniquement en format numérique, cet EP la voit incorporer davantage d’instruments réels, soit joués par elle-même (violon) ou par des invités (saxophone et cor), à sa musique ambient-expérimentale.
Si l’instrument à cordes intervient dans un registre possiblement trop attendu et grinçant, bien en ligne avec les apports électroniques un peu inquiétants (nappes et souffles) de la piste d’ouverture (Reverie), les deux autres instruments, respectivement joués par Nicola Genovese et Yui Beck, viennent offrir un contrepoint moins attendu sur Destabilized. Porté par la voix blanche de Magda Drozd, ce titre bénéficie, ainsi, de la profondeur des notes liées et de leur caractère chaleureux, en articulation habile avec les textures travaillées par la Suissesse. Sur Clipped Wings, c’est dans un registre plus free que le saxophone agit, venant, ici encore, surprendre un peu l’auditeur par ce changement de chapelle.
Quand des pulsations sont convoquées, l’ensemble prend également une autre tournure, et le violon de la musicienne revêt un intérêt tout autre. Joué sur un tempo soutenu, en parallèle de rythmiques claires et du chant de Magda Drozd, il structure Lovers, même si ce titre frise la faute de goût, façon mix techno-classique. Sans ces apports instrumentaux, Routine Machine (dans une veine enlevée) et Poised (arythmique et aux matériaux frissonnants) finissent par démontrer la large palette sur laquelle la musicienne de Zürich est capable d’œuvrer.
le 13/09/2023