(Quiet Details / Import)
16/08/2023
Electronique

Apparu en début d’année 2023, le label Quiet Details s’est vite signalé par une fréquence soutenue de sorties (une par mois), un attachement à l’esthétique de ses publications physiques (digipak à six volets, photos mates, papier cristal transparent pour emballer l’ensemble) et un catalogue en pointe dans le registre de l’ambient travaillée (Fields We Found, The Humble Bee, Bvdub ou Luke Sanger). Pour autant, ce n’est qu’avec la septième référence de la structure britannique qu’on rend compte de ce label, car les premières n’avaient pas paru suffisamment singulières pour être ici recensées. Avec Polymer, il s’agit, aussi, de prendre des nouvelles d’Arovane qui, sorti de son silence musical il y a dix ans, enchaîne les albums (quasiment trois par an), pour des résultats assez inégaux et frisant, parfois, l’écriture en pilotage automatique.
Il est vrai que le style suivi par l’Allemand (cette ambient minimaliste et arythmique parcourue de petites notes et de fins traitements) est, typiquement, celle qui se prête à des digressions et étirements musicaux. Et, c’est donc sans véritable surprise que les trois premiers morceaux de Polymer se déroulent, avec leurs frissonnements caractéristiques de nappes, leurs luminosités symptomatiques de notes et leurs granulosités reconnues de textures. Et puis, une petite inflexion se fait, grâce à de courtes pièces, durant deux minutes ou moins, entièrement dévolues à des coups lointains (yord) ou des boucles de quelques secondes (fosst).
Le long-format prend, alors, des atours plus expérimentaux, à la fois dans sa structure (alternance de titres plus longs, jusqu’à sept minutes, et de morceaux brefs), que dans ses propositions musicales, avec un travail sonore plus prégnant. Uwe Zahn paraît, ainsi, sculpter sa matière sonore, découper finement chaque note, décortiquer au maximum ses composantes pour les agencer avec un soin certain (youd). Si l’ensemble mérite, assurément, une attention soutenue, comme de pousser le volume d’écoute, il en résulte un ouvrage vraiment beau.
le 29/09/2023