(Pelun / Import)
18/08/2023
Jazz

Hébergée sur Hubro pour ses deux premiers albums, Hilde Marie Holsen a fait le choix de monter son propre label, Pelun, pour y accueillir son troisième long-format. Venant quelques mois après un disque en commun avec la chanteuse belge Lynn Cassiers (au sein du bien nommé duo Holsen & Cassiers), que nous avons pas mal écouté sans toutefois en rendre compte sur ces pages, Ediacara se compose de deux longues pistes (seize et douze minutes, entrecoupées d’un morceau de six minutes), et débute par des sortes de crachotements dans une trompette.
L’instrument fétiche de la Norvégienne, ainsi travaillé de manière détimbrée, livre alors des glitchs, aussi formés par des tapotements sur les boutons. Passée cette ouverture un peu rêche, la trompette gagne en ampleur et officie en notes tenues, propres à créer un environnement plus chaleureux qui, naturellement, se trouvera agrémenté par les samples des sons du début, également rejoints par quelques souffles. Il en résulte un ensemble vraiment intéressant, qui gagne encore en épaisseur sur la fin du morceau-titre, quand les lignes mélodiques se superposent, renforçant l’impression d’écho et de profondeur sonore.
Cet habile croisement se retrouve sur les deux autres pistes du disque, avec la poursuite d’une recherche sur la matière, des petits crissements pouvant, ainsi, se faire entendre au début d’Ordovicium, pas si éloignés de chants d’oiseaux. Sur la fin du disque, afin d’introduire une ligne musicale plus dépouillée, et après des passages quasi-saturés, les matériaux atonaux s’apparentent à des apports électroniques, confirmant la grande variété des propositions sortant de cet instrument. Sans surprise, on constatera qu’Hilde Marie Holsen a donné une prestation à la Maison de la Radio et de la Musique, dans le cadre des soirées Akousma de l’INA/GRM, en juin 2019. Assurément, l’acousmonium devait servir de bel écrin à la musique de la Norvégienne !
le 09/10/2023