Akira Kosemura

Rudy

(Schole / Import)

 date de sortie

15/09/2023

 genre

Classique

 style

Néo-Classique / Musique de film

 appréciation

 tags

Akira Kosemura / Musique de film / Néo-Classique / Schole

 liens

Akira Kosemura
Schole

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Comme de nombreux réalisateurs avant elle, Shona Auerbach a fait appel à Akira Kosemura pour la bande-originale de son film Rudy, du nom de l’héroïne, jeune fille anglaise qui vit avec son père et voit leur maison devenir une chambre d’hôtes, et qui va devenir amie avec un garçon. Très souvent, ces pages ont considéré avec beaucoup de circonspection de tels albums, notamment venant de musiciens adeptes du piano solo : trop de pistes sur le même disque, trop de morceaux très courts, trop de recherche immédiate d’émotion.

Malheureusement, ce long-format coche plusieurs de ces cases, avec ses trente-et-un (!) titres, dont vingt-et-un durent moins de quatre-vingt-dix secondes (la « palme » - si on ose, s’agissant d’une musique de film - revenant à un titre de dix-sept secondes), durée qui invite le Japonais à mettre en place, sans délai, les mesures de clavier nécessaires, à les faire tourner une ou deux fois è bastaRunning est, à cet égard, particulièrement topique : un thème enlevé, envoyé dès la première seconde, joué deux fois, et hop, un diminuendo plus loin, le tout est emballé en quarante-six secondes. Ce thème qu’on retrouvera sur Escape, annoncée comme la pièce-maîtresse de l’album, mais qui n’est qu’une dilution de Running, certes gracieusement interprétée (Kosemura maîtrise le toucher cotonneux de piano), mais trop passe-partout.

L’auditeur peut alors utiliser le système de sélection pour aller directement chercher les propositions un peu plus longues, grâce auxquelles autre chose peut être proposé que ce sempiternel piano minimal. Des petites touches lumineuses d’Inner Storm aux frissonnements d’arrière-plan de Womanhood, en passant par les instruments à vent de Lost, les nappes quasi-scintillantes de Nan ou la petite flûte que Max Gittings vient poser sur Mum, voici quelques idées de composants qui viennent sortir l’album de sa litanie de notes de clavier façon berceuse. Surprise, même, avec Stolen, et ses accents électroniques un peu inquiétants mais qui, dès le milieu du titre, laissent place à de nouvelles mesures de piano, plus apaisées et sereines, comme si Akira Kosemura redoutait de trop bousculer son auditoire, alors que, pour notre part, nous n’attendions que cela.

François Bousquet
le 19/10/2023

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