Matías Bize
du 23/09/2023 au 29/09/2023
Cinémathèque Française,
Paris
Positionné cette année du samedi au vendredi, le Festival Biarritz Amérique Latine avait réduit sa compétition de longs-métrages de fiction à huit films avec, comme chaque année, la volonté d’offrir un panorama assez vaste (pas plus de deux films par pays). Le palmarès de la manifestation, pour sa part, s’était concentré sur quatre longs-métrages, avec notamment un film chilien qui reçut trois prix (Coup de cœur du jury, prix des biarrots, prix du public). Comme l’an passé, la Cinémathèque laissa, pour sa soirée de reprise, le film récipiendaire de l’Abrazo du meilleur film (Levante, dont la sortie en salles est prévue pour début décembre), et choisit ce long-métrage triplement primé qui ne bénéficiera possiblement pas de distribution française.
En ouverture de séance, et comme l’an passé aussi, l’Abrazo du meilleur court-métrage fut diffusé, nous plongeant dans la communauté indienne de la cordillère des Andes. Alors qu’une perspective traditionnelle et masculiniste lui et proposée, Fausto semble préférer un autre horizon, plus sensible et moins viriliste. Difficilement acceptée par son père, cette inclinaison se trouve servie par un noir et blanc, qui souligne cette forme de dialectique et de quête intérieure. Dans le même temps, cela permet à Gustavo Bockos de préserver un certain mystère sur les intentions de Chaska, garçon plus âgé que Fausto et avec qui il traîne.
Repéré au début des années 2000 avec Sabado et En La Cama, Matías Bize n’avait pas vu ses films suivants sortir en France. Pour notre part, nous avions apprécié le second d’entre eux, centré sur un couple venant de se rencontrer et passant une nuit dans un motel, tandis que son premier long-métrage se distinguait par son usage du plan-séquence. Sorte de symbiose entre ces deux propositions, El Castigo saisit Ana et Mateo, en temps réel, alors qu’ils recherchent leur enfant de sept ans, qu’ils ont laissé simplement deux minutes dans une forêt. Avec une seule caméra et trois acteurs, le réalisateur chilien parvient à nous immerger dans cette quête et à nous faire ressentir toute la gamme des émotions traversées par les parents : peur, colère, repentir, dégoût, réconfort… La situation se veut alors révélatrice des tensions au sein du couple, tandis que la réalisation joue, évidemment, sur l’aspect inquiétant de la forêt, lieu de toutes les inquiétudes de l’imaginaire collectif (contes pour enfants, films d’horreur, faits divers).
le 20/10/2023