(Teleskop / Import)
22/09/2023
Rock

Recenser un album à trois, avec trois personnes (principalement) actives en solo, constitue toujours une occasion de se pencher sur les conditions de réalisation de cette proposition musicale. Ici, pour cette cassette aux longs morceaux, chacun des intervenants a composé une pièce, transmise à un deuxième qui y a posé sa patte, puis l’a envoyée au troisième. Puisque trois titres nous sont présentés, toutes les combinaisons sont exposées, manière également de mettre en lumière les caractéristiques d’écriture de chaque musicien.
Sur les trois, FS Blumm nous est le plus familier, suivant sa carrière depuis plus de vingt ans, tandis que nous avions croisé Jenny Berger Myhre comme photographe pour des pochettes du label Hubro et que nous découvrons Oh No Noh. C’est d’ailleurs par une piste écrite par ce dernier que s’ouvre la cassette, pour une séquence d’ambient teintée d’une petite rythmique et de quelques notes de guitare électrique un peu vaporeuse. Plutôt diaphane et caressant, le propos s’étire possiblement un peu trop, une fois le dispositif mis en place.
Le morceau composé par Jenny Berger Myhre offre davantage d’expérimentations, avec froissements, glitchs et bruissements divers, sur lesquels ses deux camarades posent des notes lumineuses de guitare tandis que la Norvégienne s’essaye à quelques bribes chantées. Il en résulte un ensemble un peu fragile et ténu, mais sensible et suffisamment singulier pour convaincre. Pour le titre dont FS Blumm est l’auteur, on reste dans une certaine cohérence, avec toutefois l’ajout d’une forme d’onirisme (reflets irisés du delay posé sur la guitare, pépiements d’oiseaux, vague atmosphère de fin de journée, quand le soleil décline) et une belle capacité à marier minimalisme général et attention portée aux différentes composantes.
le 05/12/2023