Akousma : Alexandre Babel / Christina Vantzou / Judith Hamann / Anthony Pateras

 date du concert

04/11/2023

 salle

Maison de la Radio et de la Musique,
Paris

 tags

Anthony Pateras / Christina Vantzou / INA / GRM / Judith Hamann / Maison de la Radio et de la Musique

 liens

Anthony Pateras
INA / GRM
Christina Vantzou

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Pour la première date parisienne de cette nouvelle saison de Multiphonies, programmée par le GRM (et très bien programmée, on aura certainement l’occasion d’y revenir bien souvent dans les prochains mois), François J. Bonnet exposa brièvement les intentions de ces deux soirées de début novembre : mêler jeu instrumental et créations électroacoustiques. De fait, le format de cette soirée du samedi répondait bien à cette vision, avec deux soli instrumentaux, puis deux trios dirigés, depuis la console, par celle ou celui qui a composé la pièce ainsi interprétée.

Alexandre Babel

Musicien suisse basé à Berlin, Alexandre Babel est surtout connu comme membre de Sudden Infant, ce groupe post-punk habitué des salles de concert. Placé derrière sa batterie, sa casquette vissée sur la tête, il débuta en frappant des claves, d’autres percussions en bois et des clochettes. De plus en plus rapide et abondant, son jeu, donné à l’aide de mailloches à bouts en caoutchouc, le conduisit à utiliser ses toms, grosse caisse et l’ensemble de petites percussions disponible devant lui, à l’exception notable d’une caisse claire, apparemment absente de son instrumentarium. Varié et enlevé, son concert fut enrichi de samples, effectués en direct depuis ses interventions, puis mis en spatialisation grâce à l’acousmonium du GRM, afin de donner l’impression d’avoir plusieurs batteries réparties dans le grand studio 104. La seconde partie de son set se montra plus rythmée, avec travail aux baguettes fines, quasi-roulements et frappes sur le cadre des toms, avant un final aux balais, permettant de redescendre doucement.

John Also Bennett & Irene Kurka

Si les albums de Christina Vantzou se multiplient (au-delà de ses disques personnels, presque toujours doublés d’un recueil de remixes, elle publie, en cette rentrée, un album avec John Also Bennett), notre intérêt pour le travail de la Gréco-Étatsunienne peine à décoller. L’ayant déjà vu trois fois en dix ans, et suivant attentivement son parcours, on a la vague impression qu’elle ne progresse pas, tissant une ambient, certes bien exécutée, mais trop peu singulière. La prestation de ce samedi soir ne modifia pas ce sentiment, avec l’interprétation de The Reintegration Of The Ear, pièce composée pour la vocaliste Irene Kurka, son comparse John Also Bennett (à la flûte basse) et elle-même, à l’électronique. Démarrant plutôt bien (un bruit effervescent, de l’eau qui coule, des pépiements d’oiseaux pour soutenir des nappes parfois agrémentées de quelques vocalises ou d’interventions de la flûte basse), le morceau d’une vingtaine de minutes peina à se renouveler.

Les participations des deux autres musiciens s’avéraient, ainsi, trop sporadiques : un seul passage avec de véritables paroles pour Irene Kurka (et encore, il s’agissait surtout de syllabes ânonnées et parlées) pendant que John Also Bennett semblait s’ennuyer ferme entre deux mesures. On n’était pas loin de faire le même constat, jusqu’à ce qu’il se saisît d’une flûte traversière pour des envolées moins anodines. Au total, ce fut quand même une nouvelle déception à mettre au débit de Christina Vantzou.

Judith Hamann

Croisée aux côtés de Mette Henriette (sur son dernier album en date, ou lors de son concert de décembre dernier au Musée d’Orsay), Judith Hamann fait partie de ses musiciennes qui utilisent le violoncelle sous toutes ses acceptions. Placée debout aux côtés d’un instrument à la tige tirée au maximum, l’Australienne put proposer de longs aplats plutôt profonds dans la première partie de son morceau, rejoints par des sons préenregistrés (dont des tapotements qu’on croirait faits sur la caisse du violoncelle). Des notes plus claires vinrent par la suite, avec un entremêlement plus présent, flirtant avec le larsen par instants, permettant de constituer une belle profondeur d’ensemble.

Sylvia Tarozzi & Deborah Walker

Seul musicien de la soirée à continuer à vivre dans son pays d’origine, Anthony Pateras est également un habitué de nos pages, depuis vingt ans. Familier des collaborations, il dirigeait, cette fois-ci, Sylvia Tarozzi (au violon) et Deborah Walker (au violoncelle), les deux étant également invitées à produire quelques onomatopées, pendant que l’Australien était placé à la console, pour produire de l’électronique. Les assauts de jeu rapide des archets des deux musiciennes trouvèrent un écho immédiat avec ses poussées numériques, produisant une forme de musique concrète résultant de ces mouvements compulsifs. Les archets pouvaient être aussi tapotés sur les cordes étouffées, renforçant la présence de sonorités atonales, uniquement contrebalancées par quelques pizzicati pour finir un set dédié aux nuages issus des feux de brousse.

François Bousquet
le 09/11/2023

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