du 17/09/2023 au 17/12/2023
Crédac,
Ivry-sur-Seine
Résidant au bord du lac Léman, Caroline Bachmann en a tiré des peintures figuratives de formats divers (du cadre classique au polyptique immense, trônant dans la salle principale du Crédac) qui, de prime abord, apparaissent assez simplistes. Avec leurs compositions identiques (nuage, soleil couchant et lac sont systématiquement, ou presque, au programme), ces réalisations côtoient, en outre, des toiles vieillottes du peintre étatsunien Louis Michel Eilshemius, réalisée dans la première moitié du XXe siècle.
De la part d’un lieu qui nous a plutôt habitués à des gestes contemporains et abstraits, la proposition surprend légèrement mais, en y regardant bien, un aspect fantasmagorique plutôt poussé point. On trouve ainsi, par exemple, lune et soleil en même temps sur la même toile, un soleil masqué par les nuages mais dont un reflet important se fait dans le lac, une inversion avec reflet dans les nuages et soleil dans le lac (sur le polyptique Le Matin, qui donne son titre à l’exposition), des nuages aux formes parallélépipédiques. À ce titre, les cadrages des sujets remplissent un rôle important, avec ces aplats d’encadrements qui ne sont pas rectilignes et prennent des atours flottants, courbes, pop et psyché. Caroline Bachmann offre également un jeu sur les couleurs, un peu réalistes mais aussi délibérément adoucies, comme filtrées.
Sur un des murs de la deuxième salle, une longue galerie de portraits de créatrices et de femmes de culture est installée par la Suissesse. Avec le même cadrage (visage de face, épaules coupées, buste qui s’arrête au niveau du décolleté, façon photo d’identité), la même attention portée au regard (les sujets fixent le visiteur dans les yeux, dans un geste intriguant) et un style qui la rapproche de l’art naïf, cette suite de petits formats dialogue intelligemment avec le reste de cette monographie.
le 17/11/2023